La Comtesse – Julie Delpy

Avant que toute cette folie bit-lit et autres vampires brillants comme des boules disco (suivez mon regard…) s’emparent du marché vampire, il y avait des choses vraiment sympas dans le domaine. Je ne loupais pas un bouquin, un essai, un roman un tant soit peu littéraire sur le sujet. Je me suis bouffé tous les Anne Rice, Dracula, Carmilla et autres classiques, de la critique littéraire universitaire, des pavés documentaires sur l’origine du mythe, etc. Et au plus haut de cette période vampiresque, j’avais lu des articles et il me semble même une biographie de cette fameuse comtesse, à savoir la comtesse Bathory, je partais en terrain connu. 

Ce film passait dans mon ciné préféré, et me voilà donc assise sur les fauteuils rouges, plongée dans l’obscurité le temps d’une grosse heure et demie. J’étais curieuse de voir le traitement qu’allait recevoir cette légendaire comtesse et l’interprétation qu’allait faire Julie Delpy, également réalisatrice du film.

Pour faire court : la comtesse historique qui a inspiré le film, Erzsébet Bathory (Pologne, 1560/1614), a été accusée d’avoir saigné, tortué et tué plusieurs centaines de jeunes filles. Elle utilisait leur sang pour conserver sa jeunesse et sa beauté. Pour plus de détails, par exemple ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_B%C3%A1thory

Venons-en au film (sorti le 20 Avril 2010).

 Pas de gore, que j’avais peur de retrouver. Avec une inspiration aussi sanglante, sadique, et violente que ça, j’étais contente de voir que l’accent avait été porté sur le pourquoi du comment, sur la femme, plutôt que sur une succession de meurtres.

L’image d’Epinal de la comtesse Bathory, c’est les bains de sang (de jeunes filles vierges exclusivement). La représentation est ici plus originale, elle s’applique le sang comme un masque, une crème, un produit miraculeux, et regarde les effets dans le miroir, et il lui en faut toujours plus, plus…

L’ambiance m’a plu. (Il faut dire que je suis bonne cliente de films historiques en costumes – sauf les sentimentaux, Sissy, Jane Austen & co). On sent une descente, une progression dans l’horreur, la folie, la vieillesse, c’est crédible et la narration n’a pas de temps mort.  Aucun élément fantastique/surnaturel, et c’est efficace, c’est la vie d’une femme assoiffée de beauté, de jeunesse et d’immortalité, un être humain avec ses forces et ses faiblesses.

*

: un élément m’a dérangée, (élément qui est certainement romancé et inventé pour les besoins du scénario) c’est l’amant de la comtesse. Cette déception amoureuse est montré comme le point déclencheur de sa folie sanguinaire et je trouve que ça aurait gagné en puissance si on avait pas eu ce personnage pour justifier cette quête de l’impossible et tous ces meurtres. Elle voulait être belle dans le film pour plaire à un homme, conserver sa jeunesse car lui était plus jeune qu’elle. Le côté narcissique de sa folie aurait pu être renforcé, mais ça aurait peut-être rendu le film plus éprouvant, plus extrême, plus « public averti ».

Est-ce que j’ai envie de le revoir? Oui, je vais guetter sa sortie en DVD.

La bande annonce :

Publicités
Published in: on 17 mai 2010 at 21 h 55 min  Comments (5)  
Tags: , , ,

The URI to TrackBack this entry is: https://aventuresheteroclites.wordpress.com/2010/05/17/la-comtesse-julie-delpy/trackback/

RSS feed for comments on this post.

5 commentairesLaisser un commentaire

  1. Je suis d’accord avec toi : si la réalisatrice avait opté pour la représentation des bains, la référence à Carrie aurait été évidente et l’aspect gore très présent. Julie Delpy choisit la délicatesse à la place, et pour un film sur la psyché féminine, c’est un bon choix.

  2. Merci pour ton comm! Egalement d’accord avec ta critique, C’est vrai que le personnage de l’amant est un peu superflu, d’autant que Daniel Bruhl est un peu fade dans le rôle. Je guetterai moi aussi la sortie du DVD avec impatience!
    A bientôt

  3. Le film a de bons côtés (une intro dynamique, une lumière assez réussie, une Julie Delpy qui semble très à l’aise dans le rôle de la comtesse), mais le résultat est selon moi assez moyen, le rythme étant trop hétérogène et les autres acteurs n’étant soit pas convaincants, soit mal intégrés à l’histoire, leur place étant phagocytée par Delpy http://blog.vampirisme.com/vampire/?684-delpy-julie-la-comtesse

    • Bonjour Vladkergan et merci de t’être arrêté sur mon blog!
      Je t’accorde que les autres acteurs étaient assez fades comparés à la prestation de Julie Delpy, mais ça ne m’a pas gênée, ça a permis de développer la complexité du personnage, il fallait faire ce choix, après tout c’était le personnage éponyme… 😉

  4. Bonjour Mademoiselle dijonnaise.

    Merci pour ta visite dans mon humble site et bonne continuation du tien. Je trouve justement dans la Comtesse que faire de la déception amoureuse le révélateur de la folie de cette femme et de son narcissisme absolu est une idée magnifique, une idée de femelle dans le bon sens du terme. C’est ça qui m’a touché. Mais je comprends ton point de vue.

    Bon we.

    Anne (une autre dijonnaise d’adoption)


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :