Tracy CHEVALIER – Remarkable Creatures

Harper & Collins (2009) – 352 pp.

Traduction française : Prodigieuses créatures (Mai 2010 – Quai Voltaire)

En quelques phrases : Angleterre, début du 19ème siècle. Elizabeth Philpot s’installe avec ses deux soeurs à Lyme Regis (côte sud de l’Angleterre), où elle mène une vie de célibataire libre. Sa curieuse passion pour les fossiles ne la rend pas tellement respectable; elle trouve une amie en Mary Anning, fille d’une famille ouvrière très douée pour repérer et chasser les fossiles. Elizabeth va suivre les découvertes de Mary, qui sont autant de défis intellectuels pour les hommes de leur temps.

Comment il est parvenu entre mes mains: Tracy Chevalier est tout simplement l’une de mes auteures préférées. Je la suis de très près et ai lu quasi tout ses romans.

Il y a des lectures qu’on recule volontairement, un trésor qu’on laisse de côté sans l’ouvrir, exprès, jusqu’à temps qu’on en puisse plus. Je l’ai reçu il y a plusieurs mois, et j’ai attendu d’être dans la meilleure disposition d’esprit possible pour le lire.

Impressions de lecture :  j’ai retrouvé sa plume avec beaucoup de plaisir, sa patte, sa puissance d’évocation. Son style est à la fois fluide et poétique, accessible et subtil. Que dire… j’ai été emballée et conquise du début à la fin. Je le relirais volontiers dans quelques années.

Je n’avais plus la notion du temps en la lisant; j’étais sur cette plage du Dorset avec ces deux femmes affirmées et curieuses, je partageais leurs découvertes. Elles ne ressemblent pas aux ladies conventionnelles, superstitieuses et passives. Elles questionnent, s’interrogent, cherchent, fouillent la terre. Ces personnages sont aussi, sinon plus, fascinantes que les créatures qu’elles découvrent et étudient.

La richesse thématique du roman. Il pose des questions sur l’amitié féminine, la féminité. Comment arriver à être crédible aux yeux des hommes, quelle reconnaissance attendre d’eux? Quelle place peuvent-elles conquérir dans la société sans leur appui? Il nous plonge également dans les débats philisophiques, religieux et scientifiques de ce début du 19ème siècle : comment expliquer que ces créatures, dont les fossiles sont les restes, se soient éteintes? Comment expliquer que Dieu ait permis cela?

Je le recommande : aux lecteurs qui ont déjà croisé la plume de Tracy Chevalier, que vous retrouverez avec plaisir; aux passionnés de 19ème, aux amateurs de romans historiques vivants, enthousiastes; à ceux qui enfants, rêvaient d’être paléontologues et qui ont grandi, avec toujours cette part de fascination dans un petit coin de leur mémoire.

Aux lecteurs exigeants, soucieux de qualités littéraires, comme aux lecteurs désirant s’évader loin de chez eux, dans le temps et l’espace. Si vous n’avez jamais lu Tracy Chevalier, c’est peut-être le moment de tenter!

Publicités

The URI to TrackBack this entry is: https://aventuresheteroclites.wordpress.com/2010/06/19/tracy-chevalier-remarkable-creatures/trackback/

RSS feed for comments on this post.

10 commentairesLaisser un commentaire

  1. Merci pour ce billet ! Je comptais lire ce nouveau roman de Tracy Chevalier, et j’ai encore plus hâte de le faire maintenant que j’ai lu tes impressions.
    Je n’ai encore jamais ouvert un livre de Tracy Chevalier, j’ai juste vu l’adaptation ciné de « La jeune fille à la perle », que j’avais trouvée plaisante, mais sans plus.
    En tout cas je vais me dépêcher de combler mes lacunes concernant cette auteure.
    Et petit message perso : de nouveaux articles très bientôt sur mon blog, c’est promis. 😉
    Bon week-end Mélie.

    • L’adaptation de « La jeune fille à la perle » est assez réussie dans l’ensemble mais n’est pas le bijou de finesse qu’est le roman, à mon sens du moins.
      A bientôt Emy 😉

  2. Bonjour Amélie ! j’ai répondu à votre comm sur mon blog. J’ai bcp aimé aussi le contexte scientifique et religieux, mais trop en second plan à mon goût.
    Il me reste qqs romans de T. Chevalier à découvrir et je m’en réjouis, car j’apprécie bcp sa plume. 🙂
    Merci pour votre visite. A bientôt !
    Canel

  3. Pour moi, il y a un signe infaillible qu’elle est un auteur hors pair : elle a réussi à me passionner sur un sujet (celui des fossiles) qui ne m’attirait pas plus que ça ! Mais il faut dire que ses romans sont riches en détails et qu’ils ne se limitent pas à un seul sujet 😉 Par contre, exceptionnellement, je préfère le titre français, je trouve que le « prodigieuses » ressort mieux que « remarkable » ! mdr !

  4. Je n’ai jamais lu cet auteur mais j’ai déjà repéré ce livre sur d’autres sites : je le lirai certainement car l’histoire me tente vraiment.

  5. J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre. il m’a touché à plusieurs titres : tout d’abord parce q’il rend justice aux femmes empêchées de penser, de travailler, il montre aussi la vie des idées, les débats qui ont agité le monde de la science et de la philosophie. J’aimerais bien le lire en anglais d’ailleurs.

    • Son écriture est très agréable en anglais et je pense assez abordable.
      Quant au thème de la place des femmes dans l’histoire, dans le monde extérieur de leur domiciles, le monde intellectuel autrefois réservé aux hommes, elle l’a évoqué avec subtilité et n’est pas tombé dans le cliché du « bas-bleu » ou de la victime qui combat les hommes aveuglément.
      Et les questions théologiques/scientifiques sont abordées avec clareté, on ne tombe pas dans l’élitisme ni dans la vulgarisation simpliste, elle arrive à équilibrer son écriture.
      C’est une des auteurs encore vivantes que je préfère.

  6. J’attends avec impatience qu’il sorte en poche.
    Pourrais tu, parmi les ouvrage de Chevalier, dire quel est celui qui remporte ta préférence ?
    Est ce celui ci ?

    • Ma préférence va à « La jeune fille à la perle », qui est extraordinairement bien écrit et bien traduit.
      Un univers riche, une subtilité dans la narration, vraiment WOW. Celui-ci arrive en deuxième.

  7. J’ai près de moi un ouvrage que je n’ai pas encore lu (ô joie !) : la vierge en Bleue.

    La jeune fille à la perle demeure dans mon panthéon pour le moment.
    Mais, même un ouvrage comme La Dame à la Licorne, me fait chavirer. Pourtant, la narration manque de fluidité, les personnages y sont distants (mais le personnage central n’est il pas la Tapisserie ?).


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :