Madame Bovary dans Playboy ou le choc des cultures

Vu sur Livres Hebdo (magazine et site professionnel très utile pour toutes celles et ceux qui veulent travailler dans le  secteur du livre, librairie, édition, bibliothèque) : une actualité pour le moins hétéroclite! J’adore ce mélange inattendu des cultures :

Madame Bovary en couv' sur le Playboy de Septembre 2010 - Cliquez sur la photo pour voir l'article originel de Livres Hebdo

What?! A l’occasion de la sortie d’une nouvelle traduction de ce chef d’oeuvre de la littérature française et même mondiale, Playboy en publie un extrait. Pour rester dans la cohérence éditoriale et ne pas trop s’éloigner des centres d’intérêts libidineux du lectorat, il s’agit d’un extrait « soigneusement » choisi : Emma et son amant Rodolphe partent faire une balade à cheval et patatra. S’ils avaient voulu faire les choses en grand, ils auraient pu choisir un autre extrait bien plus sulfureux, la fameuse scène du fiacre, mais bon on ne peut pas exiger de la subtilité littéraire chez Playboy…

→  Je suis une fervente flaubertienne, et je ne partage pas du tout les propos de cette « soi-disant » grande dame qui est l’auteur de cette nouvelle traduction. Mais cette actualité était tellement surprenante et hétéroclite, je ne pouvais pas ne pas poster dessus.

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Published in: on 27 août 2010 at 16 h 51 min  Comments (9)  
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9 commentairesLaisser un commentaire

  1. Wow en effet, big choc des cultures, mais je trouve ça assez marrant en fait !
    Par contre j’ai suivi ton lien pour lire l’article, et la traductrice je lui foutrais des baffes quoi.
    Traduire un livre juste parce que ça lui apporte un certain « prestige » de s’attaquer à un monument littéraire, alors qu’elle dénigre à ce point l’auteur ET ledit livre, je trouve ça écœurant.
    Je suis sûre qu’ils auraient pu trouver d’autres traducteurs tout aussi – si ce n’est plus – compétents et véritablement amoureux de l’œuvre, mais bon…

    • J’aime les personnes (lecteurs/trices et professionnels du livre – déjà plus rare -) qui ont des avis tranchés ET argumentés, mais je ne partage pas du tout son opinion.
      Elle dit que Flaubert n’aimait pas ses personnages, c’est plus complexe que ça : c’est de la dérision (+ de l’autodérision sur ses élans tragi-romantiques), de l’ironie.
      C’est effarant de voir de tels propos dans la bouche d’une traductrice, chevalier des arts & des lettres.

  2. C’est de la nouvelle, ça!
    Je suis aussi allée lire les propos de la traductrice, c’est en effet effarant! A sa place j’aurais refusé de traduire. Si elle n’aime pas trop Flaubert et madame Bovary, c’est son problème, mais bon…

  3. Mouahaha ! La diffusion de la culture est sans fin 🙂

  4. Pour ma part, ce mélange des genres (Playboy/Flaubert) me fait fuir !
    Je m’explique :
    Play boy = vulgarité. Du bas de gamme
    Flaubert = un monument littéraire.
    Entre les deux, il ne peut y avoir que des raccourcis faciles. Et les photos de femmes « peu vêtues », c’est un peu léger !

    J’avais parcouru cet article sur le site de LH (très très intéressant…et encore plus quand on peut s’abonner car sur le site, les articles les plus complets ne sont pas en accès libre)
    Je ne comprends pas comment un traducteur peut s’atteler à une œuvre qu’il n’apprécie pas.
    Je ne comprends vraiment pas…Ce n’est pas l’idée que je me fais de ce métier.

    • Je trouve l’abonnement LH très peu abordable pour la particulière que je suis… je consulte les brèves en ligne et la version papier en bibliothèque. Tu travailles dans le secteur?

      C’est vrai que le raccourci (de plus avec l’extrait choisi) est facile et l’association vulgarité et monument littéraire est détonnante.

      En ce qui concerne les propos de la traductrice, sachant qu’il s’agit d’une commande, on ne lui demande pas d’aimer mais de faire son « job » et d’exercer son savoir-faire. Je n’ai pas (encore?) la qualification pour être traductrice littéraire, mais il n’est pas rare que le traducteur n’aime pas le texte qu’il doit traduire, c’est un travail de commande. Surtout au début, on doit prendre ce qui vient et s’exercer. Mais traduire un monument littéraire mondial, des grands auteurs, je suis d’accord, ça doit être un honneur, un couronnement de carrière, c’est le rêve de tout traducteur.

  5. Merci pour ton avis sur le métier de traducteur. C’est vrai que cela reste un métier, un gagne pain lié à une commande…D’autant qu’on ne peut pas dire que les rémunérations soient généreuses dans ce secteur !
    Très loin de cette réalité, je dois idéaliser cette fonction.
    Cependant, ma position est très ambivalente : d’un côté le traducteur est celui qui me donne accès à des oeuvres qui me seraient inaccessibles (je suis une handicapée des langues…), de l’autre, je lui en veux presque d’être un écran entre moi et l’auteur. Je dois lui accorder ma confiance, me persuader qu’il a respecté le texte, qu’il a été fidèle à son auteur. Sans ajout, sans oubli.

    Et là, intervient mon sentiment (totalement suggestif), qu’une bonne traduction passe par le respect du texte et donc l’amour qu’on lui porte. Trop simple, je sais bien.

    J’avais lu une intéressante interview de Claro sur son métier dans Télérama. Comme elle est récente, elle est en ligne :
    http://www.telerama.fr/livre/traduire-c-est-parfois-refaire-un-texte-avec-le-sentiment-de-ne-plus-savoir-ecrire,41251.php

    PS : non, je ne suis pas dans le « métier » et cela fait des années que je rage de ne pouvoir être abonnée à LH. Je me contente donc de leur site et grâce à facebook, je suis alimentée en temps réel de leurs publications. Sauf que je dois me contenter des titres quand les articles sont conséquents. Rrrr !

  6. Merci pour le lien vers l’article consacré à la traduction vue par Claro, c’est très intéressant.

    J’aimerais exercer ce métier (en parallèle d’un métier plus fixe, libraire, car rares sont ceux qui peuvent en vivre, les revenus sont assez aléatoires) et pour avoir suivi des cours de traduction littéraire niveau CAPES en anglais, c’est très dur. Je m’exerce encore de façon personnelle et c’est passionnant mais à s’arracher les cheveux parfois!
    Je suis d’autant plus critique quand je compare des traductions de l’anglais, les autres langues je suis incapable de juger.

    Le traducteur/trice doit à mes yeux être humble devant le texte, pour que le lecteur comme tu dis lui fasses confiance. Respecter le texte, le rendre dans une autre langue de façon la plus fidèle possible. On dit traduction = trahison… Il faut être discret, ne pas qu’on s’en apperçoive. On peut respecter un texte qu’on n’aime pas, avoir assez de recul critique & de déontologie.
    Il existe un code de déontologie, je partage la vision du métier exposée ici : http://www.atlf.org/Code-de-Deontologie-du-Traducteur.html

  7. Merci pour le lien vers ce code de déontologie : j’ai l’impression de regarder par le petit trou de la serrure d’une profession qui attise ma curiosité.
    J’ai parcouru l’ensemble du site.

    Tu vas peut être sourire mais pour moi les traducteurs littéraires ou interprètes (avec pour eux la spécificité de l’immédiateté) sont des êtres fascinants de par leur intelligence. J’imagine que leur cerveau, grâce à la particularité de cette gymnastique, doit développer des capacités extraordinaires !

    (au passage, je découvre aussi qu’il y a peu d’universités formant à la profession (aie …14 places à Jussieu !!!)


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