Sur l’Espresso Book Machine et l’avenir des librairies

C’est en farfouillant des articles sur l’avenir des librairies (question qui m’intéresse de près puisque j’ai travaillé et j’espère travailler à nouveau dans une librairie…) que je suis tombée sur ça : la Espresso Book Machine, dite EBM.   

La vidéo est en anglais, mais on peut comprendre le fonctionnement de la bête sans maîtriser la langue de Shakespeare 😉 

♣ Je suis ultra partagée par cette invention et les possibilités que ça engendrerait si elle se diffusait plus largement. A ce jour il y en a moins d’une centaine en fonctionnement, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.  Elle coûte la bagatelle de 70 000 Euros, ça calme.

♣ Même si je vois plein d’avantages techniques comme effectivement une rentabilité optimum entre le coût de production et le prix de vente (on peut exploser la marge pratiquée je pense, d’après le chiffre de revient proposé dans la vidéo), la place économisée, un catalogue dématérialisé, plus de stock à gérer, et aussi plus de personnel à payer… C’est très pratique, marketing, développement durable (car qui dit impression à la demande dit plus de retours, plus de destruction de livres au pilon) et tout ce qu’on veut.

♦ Mais je frissonne en même temps car ça serait à terme la mort des librairies. J’essaye d’imaginer la chose : au lieu de plusieurs étages pour certaines, ou plus modestement une pièce pour d’autres, des rayons entiers de livres, des êtres humains pour conseiller, on aurait un box avec une machine. Pourquoi ne pas faire un système de paiement par carte bleue, comme pour l’essence ou les films, pendant qu’on y est? Un distributeur de livres, en libre service, 24h/24, 7j/7.

♦ Est-ce que ça correspond vraiment au désir de consommation de la population? Est-ce comme ça qu’on veut accéder au savoir, à la culture ou au divertissement? La rapidité, la rentabilité, le « je claque des doigts et ça tombe »?

♣ Une cohabitation me semble plus réaliste et concevable : je n’arrive pas à imaginer la disparition totale et brutale des librairies. Les disquaires disparaissent, d’accord, et certaines librairies ferment ou ont du mal à équilibrer leur trésorerie, mais les chiffres sont là : les livres se vendent encore. Comme il existe des librairies spécialisées en éditions anciennes, pour un public de bibliophiles, de collectionneurs, et des librairies de livres neufs, pour un très large public, peut-être que cette invention se cumulera à ce qui existe déjà sans détruire.

→ Votre avis m’intéresse! (Libraires, lecteurs, clients, …)

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13 commentairesLaisser un commentaire

  1. Faudrait pouvoir le sentir, ce livre.
    Un livre avant de le lire, ça se tient, ça se sent.

    Et moi, là, tiens, je ne le sens pas ce truc. (Prof. Stump)

    • D’après ce qu’ils disent et le résultat visuel, ça ressemble à un livre sorti d’une imprimerie traditionnelle, mais je partage cette méfiance.
      x

  2. A ce propos-vidéo, voici une nouveauté qui me semble aussi concerner l’avenir des librairies :

    La vidéo est en italien, mais on peut comprendre etc tout ça sans maîtriser la langue de Dante. (Re-Stump)

    • Heu .. Ne serait-ce pas plutôt de l’espagnol, cette vidéo ?
      Même note donc, avé Cervantes. (Re-re-Stump)

      • Quelle belle invention! Sans aucun branchement ni batterie! 😉
        Mes cours d’espagnol sont assez loins mais il m’a plutôt semblé reconnaître la langue de Cervantes oui.

  3. Elle est pas belle la vie, alors attention chers libraires pole emploi vous attend !

    • Machine ou sans machine, les métiers du livre est un secteur de plus en plus bouché, et je le dis en parfaite connaissance de cause! Difficile de trouver un poste de libraire…, mais je m’accroche et espère avoir de nouveau des lecteurs à conseiller et des tables à garnir de nouveautés. Autant de choses qu’une machine ne sait pas faire 😉

  4. Elle fait un peu peur cette machine…mais il est nécassaire de réfléchir à l’avenir du livre et des métiers du livre (libraire mais aussi bibliothécaire et éditeur). Je vais mettre bientôt en ligne sur mon blog une interview avec Thomas Dreneau qui vient de créer sa maison d’édition en ligne (EP & LA)et dont j’ai fait la critique (mitigée) du premier livre il y a quelques jours. J’espère avoir l’avis des internautes à ce sujet : êtes-vous prêt à payer 4 euros pour avoir un livre seulement en version numérique (PDF) ?

    • Il est effectivement nécessaire de réfléchir à l’avenir du livre physique, et des mutations des métiers de ce secteur.
      Pour répondre à cette question, ma réponse est non : je préfère rajouter quelques euros et avoir un poche que je pourrais lire partout.
      Je ne crache pas sur le PDF pour autant, surtout pour les livres tombés dans le domaine public (par exemple comme fait les Editions du Boucher, voir mes favoris), plus édités ou rares. C’est donner une seconde vie à ces textes oubliés et je salue cette démarche (en plus gratuite et PDF de qualité – je n’ai aucune action, je précise 🙂 ).

  5. Intéressante réponse : merci. J’ai découvert les Editions du boucher il y a quelques jours et je suis plutôt d’accord avec toi. J’en conclue que tu n’es pas une adpete des « liseuses » qui permettent de lire un PDF partout. Moi non plus je n’ai aucune action nulle part…et je n’ai même pas de « liseuse »mais je crois que c’est maintenant qu’il faut y réfléchir, sinon les métiers du livres vont être en danger. Un argument de poids quand même : les livres numériques c’est écolo (pas besoin de couper des arbres). Bonne chance pour ta recherche d’emploi en librairie (moi je cherche en biblio).

    • Je n’ai pas de liseuse car c’est encore ultra cher, plusieurs centaines d’euros ça calme! Et puis ça ne me tente pas. Ca ne correspond pas aux valeurs de culture accessible au plus grand nombre comme les poches par exemple.
      Et puis d’accord c’est écolo, mais… la liseuse est fabriquée avec quoi? Et où? Les frais de transport, de recyclage des matériaux, l’électricité pompée pour la recharger, je ne suis pas vraiment convaincue. (Je fais l’avocat du diable en même temps 😉 )
      Bon courage pour ta recherche d’emploi.

  6. Brrr, un monde sans librairies ni libraires, un monde de pdf ! Brrr encore, j’en tremble ! Car rien de tel que le poids d’un livre (aussi léger soit-il) dans les mains, les pages papier à tourner, la dernière de couv à caresser quand la lecture est terminée… J’ai un rapport presque fétichiste au livre, chaque tranche me rappelle un voyage. Oui les livres prennent de la place, mais au propre comme au figuré. Alors non : pas de pdf, pas d’expresso, vive le bon livre en papier qui chute sans se briser et qui se mouille dans la baignoire !

    • La relation qu’on peut avoir avec l’objet livre, fétichiste/sentimentale/plaisir collectionneur bibliophile est complètement incompatible avec les pdf, et comme tu dis j’aime la place qu’ils prennent. Ca pose aussi problème pour un cadeau, offrir un pdf? Mouais… c’est moyen. Je préfère un petit poche qui coute quelques euros mais avec une carte à l’intérieur ou un petit mot de la personne qui me l’offre. Et aussi que faire pour une dédicace d’auteur?? J’ai des exemplaires signés par certains de mes écrivains préférés, ça ne se fera plus avec les livres numériques…
      Un espresso oui, mais dans une tasse, et avec un bon bouquin à lire en même temps 😉


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