Olympe de GOUGES – Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Mille et une nuits, La petite collection (2003) – 63 pp.

Texte originellement publié en septembre 1791, destiné à être présenté devant l’Assemblée Nationale et en vue d’être adopté

♣ Le 14 Juillet approchant, je voulais me replonger dans l’univers révolutionnaire, et comme j’avais ce petit texte qui m’attendait dans ma bibliothèque, c’était pile ce qu’il me fallait. Pour celles/ceux qui me suivent et/ou me connaissent, ce ne sera pas une surprise de voir ce billet. La question de la femme (son histoire, sa représentation, sa place dans la société, etc.), me passionne depuis toujours et encore pour longtemps. Je suis insatiable sur le sujet.

♣ Cette édition comprends la Déclaration en elle-même, écrite en reprenant le modèle de la ultra-célèbre Déclaration de l’Homme et du Citoyen (1789) en féminisant quelques notions et droits, mais aussi la préface de ses Oeuvres publiées en 1788, intitulé : Préface pour les dames ou Portrait des femmes.

♦ Les idées qui ressortent des deux textes sont axées autour de la nécessité d’inclure la Femme dans le projet révolutionnaire. Non pas de proclamer une supériorité féminine, mais l’équité, une égalité absolue entre l’homme et la femme. Si la femme a droit à une vie publique (engagement politique par exemple) elle en assumera aussi les conséquences, les risques, sans être épargnée, comme un homme. La relation homme/femme ne doit pas être comprise en terme de dominants/dominées, ni d’oppresseurs/soumises : cela doit être une collaboration. La femme doit pouvoir s’investir dans la vie publique.

La Préface de ses Oeuvres m’a paru encore plus intéressant que la Déclaration, dans le fonds. Olympe de Gouges formule l’idée que le mépris des hommes pour les femmes est aussi, dans une certaine mesure, la responsabilité des femmes elles-mêmes :

« Est-il étonnant que les hommes l’oppriment, et n’est-ce pas notre faute? Peu de femmes sont hommes par la façon de penser, mais il y en a quelques-unes, et malheureusement le plus grand nombre se joint impitoyablement au parti le plus fort, sans prévoir qu’il détruit lui-même les charmes de son empire. » (p.36)

Elle appelle ses contemporaines à se réveiller, les exhorte à s’investir et conquérir leur liberté, qui leur est due.

→ Un document intéressant pour sa valeur historique, pour saisir quelques aspects de la femme révolutionnaire, et de la femme tout court. Ce texte pose des questions encore d’actualité.