Tom ROBBINS – Une bien étrange attraction

Gallmeister (Juin 2010) – 392 pp.

Titre original : Another roadside attraction (1971)

Pour résumer : Années 60, USA. Amanda, jeune femme plaisante à regarder et facilement sujette à des transes de voyance, épouse le magicien et ex-musicien John Paul Ziller. Décidés à vivre comme bon ils leur semble, ils retapent un resto de route et le transforment en zoo et en stand de hot-dogs artisanaux, dans l’espoir qu’ils deviennent les meilleures du pays, voire du monde. Un baboin, un échappé de prison, un ancien joueur de football/dealer, un indien, leurs rencontres sont aussi barjos qu’eux.

Comment il est parvenu entre mes mains: lu dans le cadre de l’opération Masse Critique organisée par Babelio, et les Editions Gallmeister (si vous aimez la littérature américaine et que vous ne connaissez pas encore Gallmeister, courrez explorer leur catalogue!). Choisi car je connaissais déjà le bonhomme, découvert cette année avec la réedition de Même les cow-girls ont du vague à l’âme, qui est l’un de mes coups de coeur 2010.

Impressions de lecture : j’ai aimé retrouver le style débordant de métaphores brillantes et détonnantes. Sa capacité à peindre son personnage féminin avec admiration, sensualité et n’ayons pas peur des mots : virtuosité. Que ce soit Sissy dans Même les cow-girls ont du vague à l’âme, et ici Amanda, elles sont excentriques, attachantes, extravagantes, des héroïnes barjos, fantasques.  Une des grandes réussites de la recette Tom Robbins.

(ça ne l’emporte pas sur le positif), mais…  :

♦ Certaines longueurs peuvent faire perdre pied, et nuisent au brio du style. Attention à la lassitude provoquée par des digressions qui n’apportent rien au récit.

Je le recommande: aux lecteurs convaincus de Tom Robbins. Je conseille plutôt Même les cow-girls ont du vague à l’âme pour le découvrir. Sans modération pour les amateurs de styles déjantés, d’univers déglingos sixties.

Pour donner un avant-goût: une petite vidéo de l’éditeur, représentative de son univers : ici.

Merci à Babelio et Gallmeister pour ce partenariat!

Tania JAMES – L’atlas des inconnus

Stock, coll. La Cosmopolite (Août 2010) – 494 pp.

Titre original : Atlas of Unknowns (2009)

Pour résumer : Années 1990, Inde. Deux soeurs grandissent avec leur père et leur grand-mère. Linno, l’aînée, présente des qualités artistiques : ses dessins forcent l’admiration; la cadette, Anju, débute brillamment sa scolarité. Après l’accident qui a rendu leur famille bancale et emporté leur mère, une deuxième perte va bouleverser leurs vies. Linno se brûle la main lors d’un feu d’artifice, on doit la lui couper. Elle arrête l’école, dessine à temps plein. Anju entend parler d’un programme d’échange pour étudier 1 an aux USA, rêve d’une vie meilleure, ailleurs. Elle n’a aucun talent particulier, et pour partir, va trahir sa soeur.

Comment il est arrivé entre mes mains : lu dans le cadre d’un partenariat spécial Festival America de Vincennes organisé avec BOB et les Editions Stock. Après deux partenariats plus que râtés et mal choisis de ma part, celui-ci m’a tapé dans l’oeil et mon instinct s’est réveillé : c’est une belle découverte!

Impressions: première lecture de cette rentrée littéraire, ça commence fort.

J’ai globalement aimé. Les thèmes m’ont intéressée : le décalage culturel entre l’Occident et l’Orient, la barrière de la langue, la rencontre de classes sociales, la quête d’indépendance (ses joies, illusions & échecs), le rêve américain, la filiation féminine (mère, soeur), l’amitié féminine. J’étais en Inde, puis à New York, je sentais l’odeur des plats et voyais l’intensité des couleurs des saris. Belle puissance d’évocation.

L’écriture est accessible, fluide et montre un effort littéraire. Beaucoup de pudeur et d’espièglerie.

♦ La fin m’a un tantinent déçue, trop convenue. Et à force de jouer sur les non-dits, à force de rester dans le flou sur certaines questions, le lecteur peut perdre pied. Le titre, par exemple, n’est pas évoqué ni expliqué, dommage.

Je le recommande: si vous recherchez une lecture dans laquelle on fond comme dans un bain. Une lecture prenante, avec laquelle on prend plaisir à retrouver, le soir avant de s’endormir, le matin avant d’attaquer la journée et un petit moment volé dans le bus. 

Un autre avis, celui d’Emily.

Un grand merci à BOB et aux Editions Stock, La Cosmopolite ne vole pas sa réputation…

Anne RICE – Angel Time

Arrow Books (poche : Juillet 2010, première édition : Octobre 2009) – 288 pp.

Traduction française : L’heure de l’ange – Michel Lafon (Février 2010)

Pour résumer : Un tueur à gages commence sa nouvelle mission sans grand enthousiasme : il doit tuer un riche banquier, il prend son temps et visite son église favorite, se penche sur son passé. La culpabilité de tuer, ses pêchés, etc.

Est-ce que ça vaut vraiment la peine de continuer?

Un point nécessaire sur l’auteur: il s’agit dun 27ème roman d’Anne Rice, auteur que j’ai découvert au collège il y a une dizaine années et avec laquelle j’ai passé de beaux moments de lecture. J’ai collectionné ses livres, des éditions rares, j’ai commencé à lire en anglais avec ses livres, enfin bref c’est une grande histoire. Pour moi c’était l’auteur de l’excès, de la démesure; du fantastique vampirique aux castrats italiens du 18ème à la réecriture érotique d’un conte de fée, elle a entamé un virage stylistique et un renforcement thématique autour du christianisme. Très marquée par le thème de l’immortalité, qui lui a valu son heure de gloire avec ses Chroniques des vampires, elle débute avec Angel Time (VF: L’heure de l’ange) une nouvelle série.

Comment il est parvenu entre mes mains: je l’ai boudé à sa sortie il y a un an, ça ne me disait rien, j’avais peur de la grosse bouse.

Impressions de lecture : ♦ un lecteur nouveau peut éventuellement apprécier. Mais on ne me la fait pas à moi. Le protagoniste est l’ombre, la version squelettique, anorexique délavée, de Lestat (charismatique héros des Chroniques des Vampires). Blond, yeux gris, voulant être prêtre dans son enfance, attiré par le spectacle (la musique, le théâtre, etc.) et la sainteté des églises… puis ils deviennent des tueurs, et finalement vient la rédemption, la lumière après les ténèbres. Si elle pensait que ses lecteurs les plus fidèles et ayant une mémoire qui fonctionne ne fassent pas le parallèle, c’est raté.

♦ Le style? Pour être honnête, je ne l’ai jamais vraiment trouvée très douée pour peindre l’univers contemporain, ça sonne généralement faux, sauf quelques passages des Chroniques. Elle m’a fait vibrer sur du 19ème, du 18ème, même plus loin dans le temps, mais alors là… c’est sec, cette espèce de Mafia ridicule, les flingues et tout, AU SECOURS! J’aimais son écriture généreuse, baroque, charnue et sensuelle, du genre « crème fraîche 30% de matière grasse » onctueuse et riche. Là c’est de l’allégée liquide qui m’a parue trop fade pour aller au delà de la moitié du bouquin.

Des clichés et des phrases d’une pauvreté indigne d’elle. Je n’ai senti aucun effort d’imagination, c’est du réchauffé de précédents livres, le goût en moins. Aucune passion ne s’est dégagé de cet écrit. Comme si elle faisait « son job », qu’elle appliquait une recette commerciale sans ajouter sa patte. Ce roman été marketé comme « thriller chrétien ». Je ne sais pas ce que cela signifie au juste, mais je dirais que c’est du vite fait vite imprimé vite emballé.

→ Je suis d’autant plus critique et dure que je ne connais son oeuvre et sa carrière sur le bout des doigts.

Je le recommande: si vous voulez découvrir Anne Rice, je vous en prie, faites-vous (et faites-moi!) plaisir : tout sauf ça. Entretien avec un vampire, quelques autres titres des Chroniques valent vraiment le coup aussi comme Le vampire Armand, La voix des anges, ou encore la Saga des sorcières (trilogie). Si vous l’avez déjà lue et apprécié, c’est à vos risques et périls.

Francis Scott FITZGERALD – L’étrange histoire de Benjamin Button

Folio 2 € – Extrait du recueil Les enfants du jazz (Tales of the Jazz Age)  

Titre original : « The Curious Case of Benjamin Button » (1922)

Pour résumer : 1860, USA. Mr Button mène une existence paisible et prospère dans le commerce de la quincaillerie. Sa femme va bientôt donner naissance à leur premier enfant. Fait rarissime pour l’époque, ils ont choisi de le faire naître à l’hôpital. L’heureux papa vient alors découvrir son enfant, et rencontre un personnel médusé, horrifié, scandalisé! L’enfant est un vieillard barbu. Et comme si cela ne suffisait pas, il fait tout à l’envers : alors que son entourage viellit, il rajeunit.

Pourquoi cette lecture?: je piétine sur une lecture et je voulais quelque chose de court pour avoir la satisfaction de finir quelque chose. J’avais lu The Great Gatsby (VF : Gatsby le magnifique) au lycée, je n’avais pas été terriblement conquise et je voulais réessayer Fitzgerald avant de voir le film inspiré par cette nouvelle.

Impressions: j’ai bien aimé mais sans plus.

♦ Je suis restée sur ma faim: le thème était intéressant, mais la forme de la nouvelle a sabré une réflexion sur l’âge, la différence, l’excentrencité qui m’aurait plu dans un roman. On sent un conte philosophique sur le thème du temps qui passe, une satire de la bourgeoisie, mais il m’a manqué des développements pour vraiment me laisser porter par ce texte.

A lire si: vous voulez un petit texte pour vous reposer d’une lecture pénible, entre deux pavés, ou pour vous divertir lors d’un trajet en transport en commun.

GIBSON & STERLING – La machine à différences

Robert Laffont, collection Ailleurs & Demain (Mai 2010)

Titre original : The Difference Engine (1990)

Pour résumer : (Quatrième de couv’)

Imaginez des ordinateurs en plein XIXe siècle, des ordinateurs composés de roues dentées, de bielles et de leviers, mus par la vapeur. Des Machines à différences, imaginées par Charles Babbage, aidé de Lady Ada Byron, la fille de Lord Byron lui-même, oui, le Premier ministre de Sa Majesté la reine Victoria. En 1855, l’Histoire a pris un autre cours. Les industries se développent avec frénésie. Des transports sous-terrestres sillonnent Londres en proie à la pollution, aux courses automobiles et au chômage technologique. L’Empire britannique, gouverné par les scientifiques et les industrialistes, est plus soucieux de technologie que d’aventures outre-mer. Edward « Leviathan » Mallory, explorateur des terres sauvages d’une Amérique du Nord divisée par les guerres, se voit remettre par Lady Ada un mystérieux paquet de cartes mécanographiques. Dès lors sa vie est en danger. Avec l’aide inattendue de Sybil Gerard, femme déchue, fille d’un célèbre agitateur mort sur l’échafaud, qui poussait à la destruction des Machines, et de Laurence Oliphant, diplomate ou plutôt espion de la reine, il va commencer à comprendre quel est le sens de ces cartes. Un enjeu planétaire, le contrôle de l’information…

Comment il est arrivé entre mes mains : lu dans le cadre d’un partenariat avec  et les éditions Robert Laffont. Choisi pour la période (19ème, que j’adore) et aussi pour découvrir un genre que je ne connais pas du tout: la SF. Je les remercie et m’excuse par avance de ce qui va suivre…

Impressions de lecture : j’ai très mal choisi ce partenariat et je m’en suis malheureusement apperçu dès les premières lignes. Ce roman n’est pas du tout ce que j’ai l’habitude de lire, je voulais justement m’ouvrir à d’autres genres mais c’est un échec cuisant. Je me suis forcée, laborieusement, à lire les 60 premières pages et je n’en pouvais plus. Je ne comprenais rien… rien de rien. Les termes techniques me passaient au-dessus du crâne, j’ai trouvé les personnages plats, l’écriture sans consistance, enfin bref il m’est tombé des mains.

« Pour elle, c’était de l’hebreu. » p.41

Et bien pour moi aussi!

→ Mais je pense tout à fait qu’il puisse avoir son public (en faisant des recherches les auteurs sont renommés et primés) et c’est pourquoi je propose de l’envoyer à qui voudra et l’appréciera plus que moi, blogueur de préférence. Voir la rubrique contact de mon blog pour m’envoyer un email, ou répondre par commentaire.

Je remercie et m’excuse auprès de l’éditeur Robert Laffont et l’équipe de la collection Ailleurs & Demain, j’ai horreur de ne pas achever la lecture d’un ouvrage reçu en partenariat.

Published in: on 22 août 2010 at 9 h 40 min  Comments (14)  
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Kevin CANTY – Une vraie lune de miel

Albin Michel, collection Terres d’Amérique (Mai 2010) – 242 pp.

Choix de nouvelles fait par l’auteur, parmi les recueils Where the money went (2009) et Honeymoon (2001)

En gros : 15 nouvelles comme autant de plongées dans l’Amérique qui ne fait pas parler d’elle, l’Amérique des déçus de la vie, des pas-si-normaux-que-ça, des amers. Des adultères, des pères qui attendent leur fils, des jeunes femmes paumées, un enfant affamé de chocolat…

Comment je l’ai découvert : lu à l’occasion d’un partenariat avec BOB et les éditions Albin Michel. C’est clairement la couverture qui a motivé ma demande, j’ai trouvé ça décalé, pop, une sirène en top-less sur une télé, franchement, ça méritait bien le coup d’oeil.

Impressions de lecture : euh… pas terribles. J’ai trouvé la majeure partie malheureusement sans intérêt. Ca se lit bien, pas de problème là-dessus, mais aucun texte ne m’a vraiment marquée. Pour être tout à fait honnête, j’ai déjà oublié de quoi parlaient la majorité des textes, c’est pour dire.

♦ La 4ème de couv’ vantait « un sens de l’observation », la peinture de l’intime, des non-dits … oui, mouais. Je suis sincèrement restée sur ma faim, je m’attendais à un style plus incisif, plus rentre-dedans, plus décalé. Et la chute, clef des nouvelles. Il m’a également manqué un fil conducteur, un thème ou des motifs communs, qui aurait unifié le recueil. Dommage.

Je le recommande : ou pas…

Je remercie les éditions Albin Michel et BOB pour ce partenariat.

Kathy REICHS – Meurtres à la carte

Robert Laffont, collection Best-sellers (2006) – 395 pp.  

Titre original: Monday mourning (2004)

En gros: Le Dr. Temperance Brennan (s’il vous plait) est une experte en anthropologie judiciaire, travaillant aux USA et au Canada. Elle a une expérience et des qualifications qui lui permettent de résoudre des enquêtes difficiles. Elle a la quarantaine, un doctorat, et elle emmerde ceux qui contredisent ses résultats. Elle s’apprête à témoigner pour un procès, lorsqu’on l’appelle pour identifier des restes humains. Trois jeunes filles, retrouvées à l’état de squelettes dans le sous-sol d’une pizzeria de Montréal. Son supérieur de labo ne s’intéresse pas des masses à cette affaire, il juge que ces corps datent d’un siècle, et que ça ne mérite donc pas tellement d’attention. Tempe Brennan croit le contraire, et va tout faire pour le prouver.

Comment je l’ai découvert: inconditionnelle (folle furieuse, on peut le dire) de la série Bones, j’étais super curieuse de découvrir l’auteur et productrice qui à inspiré la série. Les enquêtes étant indépendantes, j’ai pris celui là (le 7ème roman mettant en scène Tempe Brennan) un peu au pif. J’avais une envie de lecture récréative, sans prise de tête aucune, une lecture facile, qui va vite.

Impressions de lecture: effectivement, ce fut une lecture facile, sans effort. Style sans fioritures, simple, fluide, qui ne s’encombre pas de métaphysique ni de figures de rhétorique. Ca fait du bien de temps en temps, merde alors.

♣ Des techniques narratives assez efficaces pour créer le suspense: chapitres courts, qui laissent volontairement dans l’attente d’un évènement, et qui poussent à en lire un autre, puis un autre, et on s’apperçoit qu’on est déjà à la moitié du bouquin. Une lecture « Mac Do »: ça n’a pas la prétention d’être de la haute qualité et ça s’avale vite. Je lirais volontiers d’autres volumes de la série lorsqu’une autre envie de lecture Mac Do se fera sentir.

J’ai aimé avoir la surprise de découvrir que les enquêtes étaient traitées différemment que dans la série. Ca paraît un peu « magique », « facile », dans la série, l’identification des victimes ne prend par exemple que quelques minutes, alors qu’ici c’est traité de façon plus réaliste. Le personnage de Tempe Brennan est une scientifique instinctive, beaucoup plus sensible et subjective que son double télévisé. Elle est touchée par l’enquête, par le sort des victimes. A la fin du roman, Kathy Reichs évoque une affaire authentique, qui l’a inspirée pour ce roman, c’était assez intéressant d’avoir son point de vue en tant qu’anthropologue de métier, et non plus à travers les yeux de la romancière. 

– Je n’ai en revanche pas aimé les passages qui évoquaient la vie personnelle de Brennan. Je m’en contrefoutait franchement, ça faisait des pauses après des passages à suspense certes, pour équilibrer le récit, mais sans déconner, son Ryan qui a les yeux « bleus comme un lagon », …

Je le recommande: en lecture bronzage, détente, et si vous aimez Bones, c’est intéressant d’avoir le complément en bouquin.

En bonus voici le billet sympathique de Kikine (http://pausekikine.blogspot.com/2010/05/challenge-on-veut-de-lheroine-prise-1.html), qui l’avait proposé pour le challenge On veut de l’héroïne, auquel j’ai aussi participé.   

Tom ROBBINS – Même les cow-girls ont du vague à l’âme

Tom ROBBINS : Même les cow-girls ont du vague à l’âme

(Avril 2010 – Gallmeister, collection Totem; réedition, première parution française : 1978)

Titre original : Even cow-girls get the blues (1976)

En gros : « C’est un roc !…. c’est un pic ! c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? C’est une péninsule ! » Si Cyrano de Bergerac avait un nez à faire rhabiller de honte Pinocchio, Sissy Hankshaw a les deux plus gros pouces de l’univers. Il n’y a pas grand chose à faire dans sa Virginie natale, alors affublée de cette infirmité digitale, elle fait du stop, voyage, ne tient plus en place. Elle rencontre des tas de gens tout aussi marginaux qu’elle, s’arrête un temps, puis repart. La Comtesse, magnat de l’hygiène féminine. Les cow-girls du Ranch de la Rose de Caoutchouc, la magnifique Bonanza Jellybean. Le Chinetoque qui rigole, un psychiatre idéaliste, et j’en passe.

Comment je l’ai découvert : En rengeant les nouveautés en litté étrangère… j’ai un boulot super sympa, y a pas à dire. Je suis repartie avec le premier exemplaire reçu du coup. J’ai adoré le côté loufoque du résumé, je me suis dit que j’allais passer un super moment de lecture.  

Impressions de lecture : OH DEAR, I FUCKING LOVED IT! Ca, c’est dit.

Le style. On aime ou on aime pas, mais il ne nous laisse pas sur le côté de la route. Un sens fou furieux de la métaphore qui laisse la lectrice que je suis admirative, des comparaisons venues d’on ne sait où, décalées et brillantes. Un exemple parmi tant d’autres :

« […] ces pouces [étaient] le seul défaut d’une silhouette exquise par ailleurs pleine de grâce. C’était comme si Léonard avait laissé pendouiller un spaghetti du coin de la bouche de la Joconde. » p.24

Une galerie de personnages plus étonnants les uns que les autres, des scènes pas piquées des hanetons, bref jubilatoire.  

Je le recommande : aux amateurs de textes barrés, fantaisistes, hilarants et intelligents à la fois. Si vous voulez une bonne poilade, une bouffé d’oxygène, et si en plus vous êtes fan de routes américaines et de cow-girls, c’est pile ce qu’il vous faut. Fleurs bleues, coincé(e)s et conservateurs s’abstenir.

♦ Pour poursuivre : ce roman a été adapté au cinéma en 1993 par Gus Van Sant, avec Uma Thurman dans le rôle de Sissy Hankshaw. Je serais curieuse de voir le résultat!

La fille tatouée – Joyce Carol OATES

Joyce Carol OATES : La fille tatouée (2006)

Titre original : The Tatooed girl (2003)

En gros : Joshua Seigl est un écrivain du type intellectuel solitaire,  la quarantaine. Il vit confortablement et n’a besoin de personne. Jusqu’au jour où une maladie l’oblige à engager un assistant. Après d’innombrables entretiens, il rencontre par hasard Alma dite la Fille tatouée, nouvelle venue dans la ville. Pris de pitié devant cette fille maladroite, visiblement paumée et malmenée par la vie, il l’engage.  Bien mal lui en prends… ! L’assistante dévouée est une vraie pourriture.  

Mes impressions de lecture :  j’ai apprécié le style contemporain brut de décoffrage de Oates, l’ambiance, les personnages barrés. J’ai aimé aussi être surprise par le personnage éponyme, je m’attendais à une fille glamour, tatouée piercée rock stylée (comme sur la couverture), la totale, et bien non.  

♦ C’est une lecture dérangeante. Qui peut vous faire mal à l’estomac parfois. Il faut s’accrocher pour certains passages, c’est cru et politiquement sensible (antisémitisme).

Comment je l’ai découvert : Lu dans le cadre du Challenge Oates organisé par George (voir mes favoris). C’était le titre qui me branchait le plus dans sa large bibliographie. Honte à moi (je dirais même plus shame on me) je ne connaissais pas cet auteur avant de farfouiller la blogosphère.

Ca m’a fait penser à : La tache (Human stain) de Philip ROTH que j’avais étudié à la fac.  Beaucoup même, surtout dans la première partie du roman. Dans le côté peinture sociale, deux Amériques qui ne se fréquentent pas d’habitude : l’élite culturelle (un écrivain chez OATES, un prof de fac chez ROTH), et de l’autre les oubliés, les paumés, les illétrés et autres parias.

Je le recommande : si vous avez envie d’une plongée dans l’Amérique contemporaine, ses extrêmes, ses paradoxes, vous ne serez pas déçus du voyage!

Published in: on 22 avril 2010 at 22 h 19 min  Comments (10)  
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Rief LARSEN – L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet

Rief LARSEN : L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet (2010)

Titre original: The Selected Works of T.S Spivet (2009)

En gros : T.S (Tecumseh Sansonnet – quel nom!) Spivet est un jeune garçon de 12 ans, à l’imagination débordante et au talent fou : son obsession est de TOUT cartographier, de tout immortaliser dans ses carnets de croquis. Il vit dans un ranch du Montana, et rêve d’être un scientifique reconnu pour la méticulosité de ses travaux. Très précoce intellectuellement, ses émotions restent néanmoins celles d’un enfant découvrant le monde avec un regard émerveillé et malicieux. Un coup de fil d’un célèbre musée va changer sa vie. Il s’embarque seul dans une aventure hors du commun, traverse les Etats-Unis, mais le voyage en lui-même se révèle être plus intéressant que la destination.

Comment je l’ai découvert : ce titre était proposé en partenariat sur BOB (voir mes liens favoris). C’est le premier partenariat auquel je participe.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas en quoi ça consiste : un éditeur envoie des exemplaires d’une nouveauté, BOB les attribue à des bloggeurs, on le reçoit (gracieusement) et les bloggeurs doivent en contrepartie écrire un billet dans le mois suivant la réception. Je précise, chose importante à laquelle je suis très attachée: le contenu du billet est LIBRE. On peut aimer, détester, la seule obligation est d’en parler. Mais quitte à participer à un partenariat, autant sélectionner avec soin le livre qu’on reçoit. Ca évite une déception et une perte de temps. Instinctivement, je savais que j’avais une grosse chance de passer un bon moment.  Ca a été le cas.

Je remercie chaleureusement  et Nil Editions. Pour voir ce qu’en dit l’éditeur, c’est par ici que ça se passe: http://www.laffont.fr/livre.asp?code=978-2-84111-409-2 

Le souvenir que ça me laisse : un moment de lecture très agréable.

L’objet livre est original, c’est ce qui frappe en premier.  Il est richement illustré, annoté, c’est une merveille rien que de le regarder. Je me suis plongée toute entière dans l’aventure, le personnage de T.S Spivet est très attachant, il a une personnalité bien affirmée et j’ai aimé le suivre, lire ses annotations malicieuses dans les marges. Le style est drôle, poétique, imagé.

Le récit est foisonnant. A travers l’histoire de T.S, c’est l’histoire d’une famille américaine sur plusieurs générations qui se dessine, mêlant des scientifiques et des cow-boys, des non-dits et des vies parallèles, c’est aussi l’histoire de la Science, de la connaissance humaine, une quête de sens. C’est divertissant tout en poussant à la réflexion.

♦ Je ne serais pas surprise de le voir porté un jour à l’écran. Pour un premier roman, c’est un début fracassant.

Je le recommande: aux âmes d’enfants restées dans des corps d’adultes, aux amateurs de voyages extraordinaires et de romans initiatiques, et si en plus vous êtes sensible aux beaux livres,  vous allez adorer. 

Juste pour faire ma chiante: la fin m’a chiffonnée. Je m’attendais à autre chose, et surtout je suis restée sur ma faim.