Francis Scott FITZGERALD – L’étrange histoire de Benjamin Button

Folio 2 € – Extrait du recueil Les enfants du jazz (Tales of the Jazz Age)  

Titre original : « The Curious Case of Benjamin Button » (1922)

Pour résumer : 1860, USA. Mr Button mène une existence paisible et prospère dans le commerce de la quincaillerie. Sa femme va bientôt donner naissance à leur premier enfant. Fait rarissime pour l’époque, ils ont choisi de le faire naître à l’hôpital. L’heureux papa vient alors découvrir son enfant, et rencontre un personnel médusé, horrifié, scandalisé! L’enfant est un vieillard barbu. Et comme si cela ne suffisait pas, il fait tout à l’envers : alors que son entourage viellit, il rajeunit.

Pourquoi cette lecture?: je piétine sur une lecture et je voulais quelque chose de court pour avoir la satisfaction de finir quelque chose. J’avais lu The Great Gatsby (VF : Gatsby le magnifique) au lycée, je n’avais pas été terriblement conquise et je voulais réessayer Fitzgerald avant de voir le film inspiré par cette nouvelle.

Impressions: j’ai bien aimé mais sans plus.

♦ Je suis restée sur ma faim: le thème était intéressant, mais la forme de la nouvelle a sabré une réflexion sur l’âge, la différence, l’excentrencité qui m’aurait plu dans un roman. On sent un conte philosophique sur le thème du temps qui passe, une satire de la bourgeoisie, mais il m’a manqué des développements pour vraiment me laisser porter par ce texte.

A lire si: vous voulez un petit texte pour vous reposer d’une lecture pénible, entre deux pavés, ou pour vous divertir lors d’un trajet en transport en commun.

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Kevin CANTY – Une vraie lune de miel

Albin Michel, collection Terres d’Amérique (Mai 2010) – 242 pp.

Choix de nouvelles fait par l’auteur, parmi les recueils Where the money went (2009) et Honeymoon (2001)

En gros : 15 nouvelles comme autant de plongées dans l’Amérique qui ne fait pas parler d’elle, l’Amérique des déçus de la vie, des pas-si-normaux-que-ça, des amers. Des adultères, des pères qui attendent leur fils, des jeunes femmes paumées, un enfant affamé de chocolat…

Comment je l’ai découvert : lu à l’occasion d’un partenariat avec BOB et les éditions Albin Michel. C’est clairement la couverture qui a motivé ma demande, j’ai trouvé ça décalé, pop, une sirène en top-less sur une télé, franchement, ça méritait bien le coup d’oeil.

Impressions de lecture : euh… pas terribles. J’ai trouvé la majeure partie malheureusement sans intérêt. Ca se lit bien, pas de problème là-dessus, mais aucun texte ne m’a vraiment marquée. Pour être tout à fait honnête, j’ai déjà oublié de quoi parlaient la majorité des textes, c’est pour dire.

♦ La 4ème de couv’ vantait « un sens de l’observation », la peinture de l’intime, des non-dits … oui, mouais. Je suis sincèrement restée sur ma faim, je m’attendais à un style plus incisif, plus rentre-dedans, plus décalé. Et la chute, clef des nouvelles. Il m’a également manqué un fil conducteur, un thème ou des motifs communs, qui aurait unifié le recueil. Dommage.

Je le recommande : ou pas…

Je remercie les éditions Albin Michel et BOB pour ce partenariat.

Tania de MONTAIGNE – Unisexe

Editions du Moteur, collection « Histoire courte » (Mai 2010) – 26 pp.

Résumé: Cette histoire courte est directement inspirée d’un fait réel. Les médias se sont emparées de sa victoire, aux JO de Pékin en 2009. Caster Semenya (jamais nommée, sûrement pour raison légale, le personnage s’appelle C.) a remporté l’épreuve du 800 mètres, en un temps record. On ne retiendra que son apprence, ce doute visuel quant à son identité sexuée. Mérite-t-elle vraiment sa médaille, remportée dans la catégorie féminine…?

« J’ai dix, onze ans, je suis grande et forte, je n’aime pas les films d’amour, les jupes, les chichis blabla, j’aime les pantalons, le foot et le karaté. » p.11

Comment je l’ai découvert: en librairie. J’étais curieuse du format, très court, et je ne connaissais pas cette maison d’édition.

♣ J’avais suivi cette affaire, qui avait fait grand bruit, j’avais vu des photos de cette coureuse. J’avais à l’époque commencé un mémoire de maîtrise sur le thème du genre, de l’identité, de la différence de genre masculin/féminin, c’est un sujet qui m’a toujours intéressée. J’ai donc décidé de tenter.

Impressions de lecture : très intéressant sur le fonds, ça pose des questions très actuelles, à travers cette affaire c’est toute la thématique intemporelle de la différence homme/femme qui est évoquée. Qu’est-ce qu’une « vraie » femme? Est-ce que la science peut vraiment déterminer le genre d’un individu? Comment l’individu se contruit-il dans un monde où les normes de genre (une fille doit aimer ça, etc.) sont encore très présentes?

– Le style. Trop journalistique, trop factuel. La forme courte, faut tout envoyer, ça doit être du concentré; je suis restée sur ma faim. J’aurais voulu plus d’effort littéraire, une vraie création à partir de ce fait réel. Ca méritait d’être plus développé, j’avais l’impression de lire un grand article plutôt qu’une histoire courte. L’évocation de la légende d’Hermaphrodite qui ouvrait le texte aurait aussi mérité d’être plus développée, à mon goût.

Je le recommande: si cette affaire vous a intéressé(e), et/ou si la question du genre vous passionne.

Yoko OGAWA – Les Paupières

Yoko OGAWA : Les paupières (Actes Sud, 2007)

Titre original : Mabuta (2001)

 En gros: Un recueil de huit nouvelles ayant pour thème la rencontre, le rêve, l’étrangeté. Des narratrices plongées dans le bizarre, le fantasque, loin de chez elles où tout proche, confrontées à l’inexplicable, au merveilleux, à des êtres exceptionnels.

Comment je l’ai découvert : j’avais lu beaucoup d’avis enthousiastes sur cet auteur sur la blogosphère et ailleurs, et j’avais depuis longtemps envie d’explorer la littérature japonaise. Ce titre m’a plu à la bibliothèque, et suis donc repartie avec.

Mes impressions de lecture : j’ai aimé le côté diversifié du recueil, les nouvelles se distinguent les unes des autres. J’ai apprécié certaines et d’autres ne m’ont en revanche pas laissé un souvenir impérissable.

Ma nouvelle préférée du recueil : « Les paupières », qui a donné le nom au recueil. Pour le contraste entre l’écriture douce et pudique, et le fonds dérangeant (du moins c’est ce que j’ai pensé). Une petite fille se prend d’amitié pour un vieux monsieur, N. qui s’est fait agressé et tabassé. Leurs rendez-vous clandestins sont l’occasion d’un échange indéfinissable.

♥ J’ai aussi aimé « Les Ovaires de la poétesse », très étrange.

Je le recommande : aux amateurs de récits poétiques, méditatifs.

Published in: on 1 mai 2010 at 14 h 55 min  Comments (6)  
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Michel FABER – Contes de la rose pourpre

Michel FABER: Contes de la rose pourpre (2006)

Titre original : The Apple (2006)

En gros:  Recueil de 7 nouvelles de l’auteur de The Crimson Petal and the White (https://aventuresheteroclites.wordpress.com/2010/04/03/michel-faber-the-crimson-petal-and-the-white/) qui inaugure ma catégorie WOW. WOW = coups de coeur, admiration, culte, bref : j’ai aimé.

Autant le dire tout de suite: ce récueil n’est pas une suite à proprement parler mais plutôt un complément au roman. Est-ce que l’auteur serait quand même assez vicieux pour ne pas nous dire, nous révéler ne serais-ce qu’un tantinet, ce que sont devenus Sugar la prostituée, la petite Sophie, ou encore la pieuse Emmeline? Alors là, ne comptez pas sur moi pour vous le dire.  

Ma nouvelle préférée: « Une puissante cohorte de femmes, coiffées de très grands chapeaux ». Ca parle d’Australie, de manifestations de suffragettes & on retrouve des personnages qu’on espérer plus retrouver, bref, le bouquet final du recueil.

Le souvenir que ça me laisse: J’en aurais voulu encore plus, plus et encore plus. J’ai retrouvé des personnages auxquels je m’étais attachée, c’était un peu comme d’avoir l’édition collector d’un film qu’on aime, et de découvrir des scènes coupées au montage en bonus.  

Michel Faber maîtrise l’art de la narration, son écriture est très habile, on attend une conclusion, puis finalement ce n’est pas ce qu’on attendait. Il stimule le lecteur, l’apostrophe, et c’est très efficace. J’aime être surprise donc je suis plutôt bonne cliente. Même si la publication/traduction de ce recueil était sûrement destinée à surfer sur la vague de succès du roman.

Je le recommande: à ceux qui ont lu La rose pourpre et le lys et aux amateurs d’ambiance victoriennes. L’auteur dit dans son avant propos qu’on peut lire ces contes sans avoir lu le roman: ils sont indépendants. C’est vrai mais je pense qu’on les savoure mieux si on s’est attachés aux personnages en lisant le gros pavé.

Kenneth COOK – Le koala tueur et autres histoires du bush

Kenneth COOK: Le koala tueur et autres histoires du bush (2009)

Titre original : Killer Koala (1986)

En gros : Quinze histoires plus loufoques les unes que les autres, une plongée dans le bush australien sauvage et drôle. Un koala mordeur, un montreur de serpents aux yeux aussi injectés de sang que ses bêtes, une éléphante ballonnée, un chameau à l’haleine infecte, on est loin de la carte postale paradisiaque et des surfeurs de la Gold Coast! On suit les pérégrinations de l’écrivain, réelles et/ou romancées (peu importe d’ailleurs) et ses mésaventures. Il n’a pas tellement de chance avec les animaux, et les humains qu’il rencontre sont tous à moitié tarés. Ils sont parfois attachants, cela n’est pas incompatible.

Ma nouvelle préférée: « Quelques spécimens intéressants ». Humour noir, chasse au trésor version cadavre DANS crocodile. La plus gore du recueil.

Comment je l’ai découvert : une amie également passionnée d’Australie en avait parlé il y a quelques mois, je n’ai donc pas hésité quand je l’ai vu dans l’espace nouvelles acquisitions de la bibliothèque.

Le souvenir que ça me laisse : ce n’est pas une lecture qui a changé ma vie, mais ça n’avait pas cette prétention non plus. Des petites récréations sympathiques.

Je le recommande : à tous les passionnés d’Australie, aux amateurs de petits billets d’humour exotique.

A lire si : vous avez dix minutes à tuer entre deux rendez-vous chiants, dans le bus ou autre, et que vous voulez vous marrer en vous évadant au bout du monde sans bouger vos fesses. Le format court du recueil de nouvelles permet de picorer une histoire, de laisser en plan, puis d’en lire une autre,  et de repartir de bonne humeur.

Par contre: dommage que les nouvelles soient majoritairement construites sur le même schéma narratif, rencontre avec un type bizarre et/ou animaux en furie. Et l’attitude apeurée du narrateur, il subit un peu ses aventures.