L’étrange histoire de Benjamin Button – David Fincher

J’ai un grand faible en matière de cinéma dès qu’un film s’inspire, met en scène, un livre ou un écrivain. Je l’avais loupé à sa sortie et quand j’ai vu l’édition collector dans un bac de la médiathèque, je me suis jetée dessus…

Sorti en 2009, avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Tilda Swinton. Oscarisé et primé.

Pour résumer: l’ouragan Katrina menace de s’abattre sur un hôpital de la Nouvelle-Orléans. Une jeune femme est au chevet de sa mère mourante, Daisy. Elle insiste pour qu’elle lui lise un vieux journal qu’elle a emporté pour l’occasion. Ce journal appartient à un certain Benjamin Button, né en 1918, et à la vie peu ordinaire.

Ce que j’en ai pensé: j’ai assez aimé dans l’ensemble. Pas transportée mais passé un agréable moment.

♦ Pour faire ma chiante je vais commencer par ce que je n’ai pas apprécié. On est très loin du texte de Fitzgerald et de la satire de la bourgeoisie, complètement absent dans le film. C’est très librement inspiré de la nouvelle, dirons-nous. L’époque, les étapes de la vie de Benjamin ont été profondément changées. Un peu trop « leçon de vie à l’américaine » et longuet: 2h40…

Mais j’ai aimé le jeu des acteurs et le résultat bluffant du maquillage, des trucages et des diverses métamorphoses quant à leur âge. J’ai aimé retrouver l’actrice Tilda Swinton qui m’a fait VIBRER dans Orlando. J’ai aussi aimé le thème de la différence, l’excentricité, le temps qui va à l’envers. On est très loin de la nouvelle originale, mais l’effort d’imagination est à saluer.

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Published in: on 13 septembre 2010 at 16 h 19 min  Comments (2)  
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Inception – Christopher Nolan

Les critiques sont unanimes, dithyrambiques, gros plan de communication, succès fou, on en parle à droite à gauche… j’avais vu la bande annonce qui m’avait laissée absolument de marbre, mais la curiosité l’a emporté : je suis donc allée le voir dans mon cinoche préféré qui passe les films en VO.

Sorti le 21 Juillet 2010. Avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard.

Pour résumer: Je suis incapable de résumer clairement ce foutu film; pour un bref aperçu vous aurez tout ce qu’il vous faut sur sa fiche Allociné, avec bande annonce et tutti quanti.

Ce que j’en ai pensé : je me suis atrocement ennuyée comme jamais ça ne m’était arrivé au cinéma. A ce point là, j’en étais limite à quitter la salle et attendre mes amis dehors. C’était confus, ça partait dans tous les sens, je ne sais combien de couches de rêves superposés et une intrigue industrielle des plus barbantes. Très difficile à suivre, j’ai décroché au bout d’un quart d’heure. Les dialogues font partie des plus mauvais que j’ai vu de ma vie. Des espèces de discours plats et fumeux sur l’inconscient, la catharsis, la réalité, bla bla bla. Tout un fatras d’effets spéciaux pendant 2h30, une musique assourdissante, ça a été très long et pénible. Je n’avais qu’une envie, sortir de là et reprendre mon bouquin avec enfin des choses que je comprenais à l’intérieur.  

♦ Pour l’instant je n’ai lu aucun avis négatif sur ce film et je ne comprends pas pourquoi on hurle au chef d’oeuvre. Chef d’oeuvre d’un genre pour lequel je n’ai aucune connaissance ni affection (après tout)? Ou plan marketing qui ne m’a pas atteint?

Published in: on 13 août 2010 at 14 h 31 min  Comments (20)  
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Picnic at Hanging Rock – Peter Weir

Une maintenant ancienne collègue passionnée fine folle d’Australie (et ultra fan de Peter Weir) m’avait recommandé ce film, pour son ambiance, sa musique, les paysages sauvages.

Sorti en 1975, inspiré par le roman du même nom écrit par Joan Lindsay, publié en 1967.

Pour résumer : 1900, le jour de la Saint Valentin, Australie du sud. Un pensionnat de jeunes filles (dirigée par une Mrs Appleyard chouchroutée vintage!) tout ce qu’il y a de plus propret et d’inspiration britannique s’apprête à faire une sortie à Hanging Rock, un site de rochers volcaniques. Elles doivent y passer la journée et y pique-niquer, chaperonnées of course. Un groupe de quatre amies demande à se balader, elles ne seront pas longues, elles promettent… seule une redescendra en hurlant comme une folle furieuse. Une enseignante monte voir ce qui s’est passé sur ce rocher, et demeurera aussi introuvable.

♣ Le site de Hanging Rock existe: il se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Melbourne (sud de l’Australie). Pour lire un compte rendu de voyage à Hanging Rock vous pouvez cliquer sur la photo (en anglais) : 

 

© Blog travellingboots.wordpress.com

Pour les paysages australiens, l’ambiance irréelle, la fausse innocence des jeunes filles, le côté rétro (même si aujourd’hui il peut largement paraître kitschissime, les tenues, le comportement, etc.).

Pour le thème développé : la confrontation de deux mondes. D’une part l’Australie d’inspiration britannique, les petites robes blanches, les gants, très chaste, lisse, etc. et l’Australie sauvage, le bush, une nature violente et mystérieuse, reptilienne.

La bande annonce (en anglais) :

 

♥ Cette édition collector 3 DVD propose des bonus « en veux-tu en voilà! » (making-of, interviews, version longue originale…), qui nous permettent de plonger encore mieux dans l’histoire, de découvrir le roman, le lieu, etc.

→ A voir si vous êtes passionné/e/s par l’Australie, si vous aimez les films à ambiance, dépaysants, les « drames historiques ».

Published in: on 14 juillet 2010 at 15 h 32 min  Comments (2)  
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Truman Capote – Bennett Miller

Truman Capote est un auteur que je veux découvrir depuis longtemps, et en attendant de me plonger dans Breakfast at Tiffany’s et In cold blood, je me suis dit que ce film serait une bonne introduction.

♦ Sorti en 2005;  Philip Seymour Hoffmann qui interprète Truman Capote a obtenu l’Oscar du meilleur acteur en 2006 pour sa performance.

Pour résumer : 1959. Truman Capote est une personnalité en vogue du monde des lettres et plus largement du show biz. Un article découvert par hasard dans le New York Times retint son attention : une famille de quatre personnes a été sauvagemment tuée par balles, dans leur maison du Kansas. Il se rend sur le lieu du crime, suit l’enquête, jusqu’à ce que les meurtriers soient arrêtés. Il les rencontre, parle avec eux, tisse des liens inhabituels, curieux, voire destructeurs (intellectuellement & émotionnellement parlant) avec l’un deux. Il sait que le potentiel de cette histoire dépasse celui d’un article : ça en fera un livre, un roman inhabituel, magistral dans la forme : le roman de non-fiction qu’il mettra des années à écrire et à finir : In cold blood (De sang-froid). Son sujet le passionne, le bouffe, le hante, l’obsède. Ce film est vraiment une plongée dans le travail de création d’un écrivain, et refuse d’être ce qu’on pourrait attendre : ce n’est pas un bio-pic.

Pour l’évocation du travail d’écriture, la genèse d’une oeuvre, le travail passionnant d’un écrivain qui joue avec le feu de son sujet.  

Je ne pourrais pas vraiment affirmer si j’ai aimé ou pas ce film; l’atmosphère est parfois lourde, moments de silence, univers carcéral, etc. mais je l’ai trouvé intéressant.

♣ Les bonus (making of & un petit documentaire sur Capote) sont un peu décevants, inégaux dirons-nous. Des tartines de compliments réciproques habituels, le réalisateur est le meilleur de la terre, et l’acteur que j’ai choisi est magnifique dans le rôle, et puis le tournage c’était une expérience formidale, etc. mais quelques passages qui rattrapent un peu.

A voir : pour découvrir Truman Capote et se donner une raison supplémentaire pour le lire. Et si – comme moi – vous adorez les films imprégnés par la littérature et inspiré par le monde du livre.

Published in: on 5 juillet 2010 at 22 h 54 min  Comments (8)  
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Millénium 2 – Daniel Alfredson

J’avais eu un avis relativement mitigé sur le premier volet, mais quand quelque chose (ou plutôt quelqu’un) retient mon attention, c’est foutu. J’étais restée sur ma faim, je voulais savoir ce qu’étais devenue Lisbeth Salander, j’avais guetté la sortie du deuxième opus et suis donc allée le voir dès sa sortie (30 Juin 2010).

Pauvre de moi: j’ai su à la première minute du film que la Milléniumania à laquelle j’avais résisté jusque là m’avait cueillie toute entière.

Pour résumer : Un an s’est passé depuis l’affaire Henriett Vanger. Michael Blomkvist a repris sa fonction dans le journal Millénium, et travaille sur un coup juteux assisté d’un nouveau collaborateur : des hautes personnalités affaires seraient mêlées à un traffic de filles de l’Est. Après avoir exploré des pistes intéressantes, le free lance qu’il avait engagé et sa compagne sont retrouvés assassinés. Peu après, le tuteur de Lisbeth Salander (dont il n’a pas eu de nouvelles depuis) est également retrouvé mort. On retrouve sur l’arme du crime les empreintes de Lisbeth; sa personnalité trouble et son passé font d’elle une coupable idéale. Blomkvist est pourtant convaincu de son innoncence, et il ira jusqu’au bout pour le prouver.

♥ Si j’avais reproché au premier volet d’être long, difficile à comprendre et parfois sans intérêt (notamment à cause de ce Blomkvist que je trouve fadasse à souhait), j’ai été scotchée sur le siège rouge en velours du cinoche. C’est rythmé, haletant, on ne perd pas de temps dans des digressions ou des moments plats, bref : ce fut un visionnage assez addictif. Je suis sortie du ciné sonnée et en me demandant pourquoi on n’était pas déjà le 28 Juillet (date de sortie du 3ème et dernier volet).  

♥ Lisbeth Salander; plus écorchée vive et sauvage que dans le premier. C’est vraiment sur elle que tout se concentre, on plonge dans les arcanes de son passé complexe, on comprends l’origine de sa mise sous tutelle. C’est un personnage féminin des plus fascinants qu’il m’ai été donné de voir. Noomi Rapace est impliquée, habitée par son personnage et son jeu est convaincant.

Photo Liza Rose

→ Bref un deuxième volet beaucoup plus rythmé, une action ressérrée autour de Lisbeth, j’ai tremblé pour elle tout le long, une narration sans répit, j’ai adoré.  Là j’ai enfin compris et trouvé justifié le succès de cette trilogie.  

Orlando – Sally Potter

Je savais que cette adaptation existait, mais folle amoureuse du roman de Virginia Woolf (j’en avais déjà parlé ici et je n’hésite pas à dire que c’est l’oeuvre que je préfère non seulement d’elle, mais de la littérature) dont il est inspiré, j’étais sacrémment sceptique, et j’ai longuement hésité avant de me le procurer. J’avais peur que ce soit un massacre, que ça m’enlève le souvenir magistral de la lecture, …

Oh God, mais que j’avais tort! Ce film est un JOYAU.

La recherche visuelle et la richesse esthétique du film. Les costumes, le choix et le jeu des acteurs, les lieux, la musique… j’ai été éblouie du début à la fin.

Les thèmes majeurs du roman ont été traités avec poésie et virtuosité (à ce tarif là on peut utiliser ce genre de mots): Orlando, cet être  tour à tour masculin et féminin, immortel traversant quatre siècles, a pris vie sous les traits de l’actrice androgyne Tilda Swinton. De l’adolescent elizabhétain à la femme moderne en pantalon, en passant par les perruques bouclées et les robes à crinoline. Sublime interprétation.

Les bonus sont très intéressants, la réalisatrice est passionnée et passionnante. Elle s’est imprégnée de l’oeuvre de Woolf avec respect et admiration, et je ne peux que saluer sa performance.

Je ne m’attendais pas à ce qu’un film puisse reprendre les réflexions développées dans le roman, l’ironie sur le monde littéraire, par exemple, car transcrire ça à l’écran relevait de l’impossible. Ce tri effectué dans l’oeuvre ne gâche en rien la réussite du film, c’est vibrant, avec des petites touches malicieuses, une fin changée, mais qui colle curieusement bien.  

→ A voir (de préférence) après la lecture du roman.    

♦ Sorti en 1992, réalisé par Sally Potter. Avec Tilda Swinton dans le rôle d’Orlando.

♦ Malheureusement pour le public francophone, ce DVD n’est (à ma connaissance) pas disponible en version doublée (ni même sous-titrée) en français. J’ai du me le procurer Outre-Manche et le regarder in english. Avis à ceux et celles qui maîtrisent suffisamment la langue de Shakespeare! 😉

*

Deuxième contribution au challenge Virginia Woolf organisé chez Lou :

The Hours – Stephen Daldry

J’avais travaillé sur ce film à l’occasion d’un dossier universitaire: j’avais choisi le thème du personnage de l’écrivain au cinéma, et The Hours formait une base de réflexion intéressante sur le sujet. Je l’ai visionné, décortiqué, assassiné et un peu aimé, quand même. 

Inspiré par le roman du même nom (sauf qu’il n’a pas inventé ce titre mais repris le titre de travail de Mrs Dalloway…) par Michael Cunningham, publié en 1999. Il avait reçu le prix Pulitzer et le PEN/Faulkner Award, rien que ça. Le film est sorti en 2002.  

J’ai malheureusement/heureusement (?) des réactions très passionnées et épidermiques dès que je vois l’oeuvre de Virginia Woolf commentée, reprise, évoquée, etc. Je pourrais parler d’elle jusqu’à ce que je n’ai plus de salive. Ce film ne pouvait pas me laisser indifférente; il m’a fait bouillir. Je ne sais pas si je lirai le roman un jour.

– Pour résumer : Trois femmes, trois époques, trois vies, autour d’un roman : Mrs Dalloway. Une lectrice des années 50, dans le Los Angeles d’après guerre, qui fleurte avec l’idée de suicide. Une éditrice new-yorkaise contemporaine, Clarissa moderne, et Virginia Woolf, durant l’écriture de ce roman. Leurs histoires se mêlent, se répondent, font écho à l’oeuvre, mise en abyme et évoquée en filigrane tout au long du film, jusqu’à la fin où leurs histoires vont se percuter et se rencontrer.  

♣ Arf… Ce qui m’a plu d’abord. La mise en abyme du roman, ses évocations, la Clarissa moderne. Les fleurs du début, l’écritoire sur les genoux et la plume qui gratte sur le papier. 

Ce qui m’a franchement déplu : la représentation souvent stéréotypée de Virginia Woolf, en folle dingue, les yeux à l’ouest, qui parle toute seule et qui finit par se noyer dans une rivière. Ce n’est pas l’intellectuelle brillante, drôle, pleine de vie, que j’aime éperdumment, celle de Orlando, de A room of one’s own. L’ouverture du film m’a paru impardonnable. Choquant, réducteur.

Les bonus. Spécialement le documentaire sur Virginia Woolf. Bon évidemment il y a des tartines sur sa vie, sa maladie, sa mort, etc. qui m’ont gonflée car encore une fois on relègue ses oeuvres au second plan, mais rien que pour entendre sa nièce Angelica et le fils de Vita Sackville-West, qui l’ont connue, ça vaut largement le coup. Et de voir l’endroit dans lequel elle a écrit.

→ A voir si vous aimez les drames, et/ou pour un premier contact avec Virginia Woolf, en attendant ou en complément d’une lecture.

*

Revu et chroniqué pour le Challenge Virginia Woolf organisé chez Lou. Pour voir les billets des participants et/ou rejoindre le challenge, il suffit de cliquer sur la photo (maintenant que j’ai trouvé comment on faisait – ça va, on ne se moque pas! – ) :

Published in: on 20 juin 2010 at 19 h 21 min  Comments (17)  
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Epouses et concubines – Zhang Yimou

Je l’ai emprunté à la médiathèque sur un coup de tête, j’avais croisé le titre je ne sais où. J’ai donc commencé le film sans attentes, sans connaissances préalables.

Inspiré par le roman du même nom, écrit par Su Tong. Récompensé par un Lion d’Or à sa sortie, en 1991.

– De quoi ça parle? Chine, années 30. Songlian est une jeune fille belle & intelligente; à 19 ans sa vie bascule : son père meurt, elle arrête ses études et se marie. Chen est plus que son époux : c’est le maître. Il appartient à une famille aux traditions séculaires, elle est initiée aux subtilités de la polygamie: elle est la quatrième épouse. Chaque soir, les « soeurs » attendent que la décision du maître : les lanternes sont allumées chez celle avec qui il passera la nuit. Toutes essayent de le retenir, d’accaparer son attention, se jalousent, complotent.

♣ La mise en scène est travaillée, les costumes sont très beaux, la musique (la troisième épouse était chanteuse) nous transporte dans cette Chine du début 20ème. Mais ce film est plombant, c’est crescendo. Songlian se rebelle contre les règles de la maison, étouffe, mais elle n’est pas une victime pour autant, elle trahit, se défend des autres femmes et attaque. * SPOILER * Elle finit brisée par ce système, qui réduit la femme à un objet décoratif, qu’on prend une nuit, puis qu’on rejette, et qu’on délaisse pour une plus jeune, plus fraiche.

– Est-ce que j’ai envie de le revoir? Je pense qu’il appartient à cette catégorie de film que l’on ne voit qu’une fois, c’est une plongée dans un univers intéressant à découvrir car très éloigné culturellement & géographiquement parlant, et cet intérêt serait perdu avec un deuxième visionnage.

→ A voir si vous aimez les drames historiques, la Chine, et l’histoire des femmes.

Published in: on 3 juin 2010 at 22 h 48 min  Comments (7)  
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La Comtesse – Julie Delpy

Avant que toute cette folie bit-lit et autres vampires brillants comme des boules disco (suivez mon regard…) s’emparent du marché vampire, il y avait des choses vraiment sympas dans le domaine. Je ne loupais pas un bouquin, un essai, un roman un tant soit peu littéraire sur le sujet. Je me suis bouffé tous les Anne Rice, Dracula, Carmilla et autres classiques, de la critique littéraire universitaire, des pavés documentaires sur l’origine du mythe, etc. Et au plus haut de cette période vampiresque, j’avais lu des articles et il me semble même une biographie de cette fameuse comtesse, à savoir la comtesse Bathory, je partais en terrain connu. 

Ce film passait dans mon ciné préféré, et me voilà donc assise sur les fauteuils rouges, plongée dans l’obscurité le temps d’une grosse heure et demie. J’étais curieuse de voir le traitement qu’allait recevoir cette légendaire comtesse et l’interprétation qu’allait faire Julie Delpy, également réalisatrice du film.

Pour faire court : la comtesse historique qui a inspiré le film, Erzsébet Bathory (Pologne, 1560/1614), a été accusée d’avoir saigné, tortué et tué plusieurs centaines de jeunes filles. Elle utilisait leur sang pour conserver sa jeunesse et sa beauté. Pour plus de détails, par exemple ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_B%C3%A1thory

Venons-en au film (sorti le 20 Avril 2010).

 Pas de gore, que j’avais peur de retrouver. Avec une inspiration aussi sanglante, sadique, et violente que ça, j’étais contente de voir que l’accent avait été porté sur le pourquoi du comment, sur la femme, plutôt que sur une succession de meurtres.

L’image d’Epinal de la comtesse Bathory, c’est les bains de sang (de jeunes filles vierges exclusivement). La représentation est ici plus originale, elle s’applique le sang comme un masque, une crème, un produit miraculeux, et regarde les effets dans le miroir, et il lui en faut toujours plus, plus…

L’ambiance m’a plu. (Il faut dire que je suis bonne cliente de films historiques en costumes – sauf les sentimentaux, Sissy, Jane Austen & co). On sent une descente, une progression dans l’horreur, la folie, la vieillesse, c’est crédible et la narration n’a pas de temps mort.  Aucun élément fantastique/surnaturel, et c’est efficace, c’est la vie d’une femme assoiffée de beauté, de jeunesse et d’immortalité, un être humain avec ses forces et ses faiblesses.

*

: un élément m’a dérangée, (élément qui est certainement romancé et inventé pour les besoins du scénario) c’est l’amant de la comtesse. Cette déception amoureuse est montré comme le point déclencheur de sa folie sanguinaire et je trouve que ça aurait gagné en puissance si on avait pas eu ce personnage pour justifier cette quête de l’impossible et tous ces meurtres. Elle voulait être belle dans le film pour plaire à un homme, conserver sa jeunesse car lui était plus jeune qu’elle. Le côté narcissique de sa folie aurait pu être renforcé, mais ça aurait peut-être rendu le film plus éprouvant, plus extrême, plus « public averti ».

Est-ce que j’ai envie de le revoir? Oui, je vais guetter sa sortie en DVD.

La bande annonce :

Published in: on 17 mai 2010 at 21 h 55 min  Comments (5)  
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Frida – Julie Taymor

Il est des professeurs qu’on oublie pas. Je suivais un cours à la fac sur les médias et le cinéma contemporain, et l’enseignante était absolument passionnante. Lors d’un cours sur les films biographiques et la représentation de femmes artistes au cinéma, elle nous avait parlé de Frida (sortie : 2002). Je l’avais noté quelque part, en voulant le voir, puis les cours, les partiels, la vie, bref : je ne l’ai pas vu. J’ai croisé par hasard l’autre jour mon ancienne professeur, et me suis rappelé ce film.

Ce film retrace (de façon romancée et glamour) la vie et le parcours de la peintre mexicaine Frida Khalo, qui a vécu au début du 20ème siècle. Sa peinture, colorée et tranchée, vivante, originale, a marqué l’histoire de la peinture, et elle est également restée célèbre pour son engagement politique (communiste). Ses débuts, ses premières toiles, sa relation complexe et torturée avec son mari, ses amours féminines, sa vie de bohême dans les cercles d’avant garde, … jusqu’à l’exposition qui la consacre en peintre important, on voyage dans un portrait de femme fantasque et affirmée.

L’interprétation de Salma Hayek, qui incarne Frida Khalo. Elle est d’une beauté folle. Les costumes colorés et les coiffures travaillées la mettent en valeur, elle crève littéralement l’écran.

La recherche esthétique du film. Plusieurs plans sont aussi travaillés que des tableaux, minutieusement préparés et détaillés, un vrai plaisir à l’oeil.

♦ Petite note sur les biopic, et autres biographies romancées, arrangées, glamourisées, etc : je pense que pour apprécier, il ne faut PAS connaître l’artiste, écrivain, personnage historique, en question. C’était mon cas avec Frida Khalo. Quand on connaît trop bien l’oeuvre et/ou le parcours de vie d’un artiste qui nous est cher, je pense qu’on a du mal à rester objectif et à ne pas être énervés par des erreurs, ou des simplifications qu’une mise à l’écran nécessite souvent. C’est par contre un bon moyen de découvrir des nouveaux artistes, et de nous donner envie de nous documenter plus en profondeur.

Est-ce que j’ai envie de le revoir? Ah oui, et avec plaisir!

Published in: on 7 mai 2010 at 20 h 46 min  Comments (1)  
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