Michel FABER – Contes de la rose pourpre

Michel FABER: Contes de la rose pourpre (2006)

Titre original : The Apple (2006)

En gros:  Recueil de 7 nouvelles de l’auteur de The Crimson Petal and the White (https://aventuresheteroclites.wordpress.com/2010/04/03/michel-faber-the-crimson-petal-and-the-white/) qui inaugure ma catégorie WOW. WOW = coups de coeur, admiration, culte, bref : j’ai aimé.

Autant le dire tout de suite: ce récueil n’est pas une suite à proprement parler mais plutôt un complément au roman. Est-ce que l’auteur serait quand même assez vicieux pour ne pas nous dire, nous révéler ne serais-ce qu’un tantinet, ce que sont devenus Sugar la prostituée, la petite Sophie, ou encore la pieuse Emmeline? Alors là, ne comptez pas sur moi pour vous le dire.  

Ma nouvelle préférée: « Une puissante cohorte de femmes, coiffées de très grands chapeaux ». Ca parle d’Australie, de manifestations de suffragettes & on retrouve des personnages qu’on espérer plus retrouver, bref, le bouquet final du recueil.

Le souvenir que ça me laisse: J’en aurais voulu encore plus, plus et encore plus. J’ai retrouvé des personnages auxquels je m’étais attachée, c’était un peu comme d’avoir l’édition collector d’un film qu’on aime, et de découvrir des scènes coupées au montage en bonus.  

Michel Faber maîtrise l’art de la narration, son écriture est très habile, on attend une conclusion, puis finalement ce n’est pas ce qu’on attendait. Il stimule le lecteur, l’apostrophe, et c’est très efficace. J’aime être surprise donc je suis plutôt bonne cliente. Même si la publication/traduction de ce recueil était sûrement destinée à surfer sur la vague de succès du roman.

Je le recommande: à ceux qui ont lu La rose pourpre et le lys et aux amateurs d’ambiance victoriennes. L’auteur dit dans son avant propos qu’on peut lire ces contes sans avoir lu le roman: ils sont indépendants. C’est vrai mais je pense qu’on les savoure mieux si on s’est attachés aux personnages en lisant le gros pavé.

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Michel FABER – The Crimson Petal and the white

Michel FABER: The Crimson Petal and the White (2002)

traduction française : La rose pourpre et le lys (2005)

En gros: Londres, 1875. Sugar est une jeune prostituée de 17 ans, elle travaille dans un bordel miteux. Elle est d’une beauté étrange, ses cheveux sont longs et bouclés, sa silhouette anguleuse et son intelligence lui ont apporté une sorte de célébrité. Elle fait tout ce que les autres refusent, on la demande. Elle consacre son temps libre à l’écriture de ses mémoires, entreprise idéaliste, pour dire la vérité, la cruauté des hommes, ses clients, son histoire. Un riche parfumeur, William Rackham, marié et père de famille, héritier d’un empire prospère, tombe sous son charme. Elle devient sa maîtresse, il l’entretient, et progressivement, se fait envahir chez lui…

Comment je l’ai eu entre les mains: c’était la fin de mon abonnement France Loisirs, et il fallait que j’achète quelque chose pour enfin être débarrassée de ce truc. Le résumé parlait de dix-neuvième, d’une prostituée qui écrit, il ne m’en a pas fallu plus. J’ai acheté la traduction, et la version anglaise ailleurs pour pouvoir comparer.

Le souvenir que ça m’a laissé: je l’ai lu en 2009, gros souvenir de lecture. J’ai mis des mois à le finir, faute de temps à y consacrer et à la longueur du texte. 835 pages en anglais, écrit tout petit, c’était un marathon.

Le style : Michel Faber a repris le code victorien d’appostropher le lecteur, de venir le chercher par la main, technique très efficace, on se sent concerné, on a une place dans l’histoire.

Je le recommande: aux amateurs/trices de pavés, ceux parmi vous qui aiment vivre avec les personnages pendant des jours, des semaines, et plus si affinités. 

Ca m’a fait penser à : rien de ce que j’ai pu lire auparavant, même si j’ai beaucoup lu sur le 19ème. Compliment donc.

Juste pour faire ma chiante: Certains passages descriptifs sont un peu longs (en même temps, c’est inévitable vu le pavé), l’intrigue met un peu de temps à s’installer et la femme de William Rackham est très cliché, victorienne malade et faible. Mais cliché jubilatoire, l’auteur a du s’arracher les cheveux à écrire ce roman et le résultat est à la hauteur du travail fourni.

♦ Si vous avez la possibilité de le lire en VO, franchement, faites le. La traduction française est décevante, je l’ai comparée du début à la fin, et j’ai failli m’arracher les cheveux. Il y a des passages manquants, des phrases coupées, etc. L’ambiance est 10 fois plus palpable dans la version anglaise. Le style de Faber est assez subtil et ça doit être un véritable challenge à traduire, mais bref : si vous voulez vivre l’expérience à fond, je vous conseille vivement la VO.

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Voir l’article sur Les contes de la rose pourpre, du même auteur : https://aventuresheteroclites.wordpress.com/2010/04/03/michel-faber-contes-de-la-rose-pourpre/

Cécile LADJALI – Les Vies d’Emily Pearl

Cécile LADJALI : Les Vies d’Emily Pearl (2008)

En gros : Emily Pearl est une jeune anglaise vivant à la toute fin du XIXème siècle, elle est la préceptrice d’un jeune malade. Le père de son élève est un lord veuf, véritable objet de fantasmes. Elle a quitté sa campagne et ses parents pour ce manoir isolé, et vit dans sa cellule de domestique. Elle s’ennuie ferme et s’invente des vies, le soir sur son cahier. Le lord la lit, et ses mots deviennent un jeu, puis une arme. Elle manipule son petit monde, sème la zizanie, vois ses délires se réaliser. On plonge dans un esprit tourmenté, à la folie douce puis franchement pervers.

Comment je l’ai découvert : avec ma méthode « à l’instinct ». Je débarque à la bibliothèque, je parcours les rayons, je fouine. Je ne me préoccupe pas de savoir si je connais le nom de l’auteur, ni si j’ai déjà entendu le titre quelque part, ou si ça a fait un carton en librairie, m’en fous. Je prends si le titre et/ou la couverture retien(nen)t mon attention. C’est le cas ici, le titre était prometteur et la couverture magnifique.

Je suis particulièrement fan du format soigné d’Actes Sud (les dimensions originales, le choix du papier, la police, etc.).

Le souvenir que ça me laisse : mitigé. Très mitigé. Je me suis laissée emporter quand même, je l’ai lu rapidement, j’étais curieuse de savoir la fin. J’ai aimé le jeu avec les codes narratifs, le mélange journal/récit/monologue intérieur.

Je le recommande:  si vous êtes amatrice (plus rarement amateur, mais pourquoi pas!) d’héroïnes névrosées, d’univers victorien, de romans psychologiques et/ou de curiosités.

Ca m’a fait penser à : de nombreux clins d’oeil à l’univers littéraire anglais du 19ème/début 20ème tout au long du roman. Jane Eyre (Charlotte BRONTE) : elle a réutilisé les motifs de la préceptrice, l’amour pour le maître des lieux, le manoir isolé, l’univers domestique. La soeur de l’héroïne s’appelle Virginia, et pour toute inconditionnelle de Virginia Woolf qui se respecte (et dont je suis!), le lien est très tentant.

Par contre :des tournures de phrases et des passages que j’ai trouvé d’une LOURDEUR… Les élucubrations morbides de la protagoniste m’ont gonflée à force. Et je suis pourtant habituée aux excès de la littérature du 19ème (formation littéraire oblige).

Published in: on 23 mars 2010 at 18 h 53 min  Comments (4)  
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