Daniel GLATTAUER – Quand souffle le vent du nord

Grasset, collection Littérature Etrangère (Avril 2010) – 352 pp.

Titre original : Gut gegen Nordwind (2006)

Pour résumer : Emmi souhaite résilier son abonnement à un magasine mais se trompe d’adresse email. Le destinataire, Léo, lui signale gentiment son erreur. Cela aurait pu en rester là. Mais pendant plusieurs mois, ils échangeront des centaines de mail, complices, traits d’humour ou confidences, drôles ou personnels. Ne souhaitant pas gâcher cette relation virtuelle, et rompre le charme de ces fantasmes numériques, la rencontre, la vraie, la réelle et physique, est retardée. Léo revoie son ex, Emmi est mariée, mais entre les lignes se dessine bien plus qu’une correspondance amicale.

Pourquoi & comment : gros succès de librairie, le résumé me laissait de marbre… mais pour me faire une idée plus précise j’ai profité de l’opportunité de l’écouter, plutôt que de le lire traditionnellement. Super idée qui comble l’ennui du repassage : Europe 1 et sa bibliothèque de l’été propose d’écouter gratuitement des romans à succès, dont celui-ci.

Impressions: c’était la version abrégée du roman, et je vais en rester là.

♣ Je comprends pourquoi ça a beaucoup marché: c’est pile dans l’air du temps, ça joue sur l’émotivité, la lectrice (lectorat majoritaire) peut se projetter à loisir, fantasmer, etc. et je ne suis pas du tout cliente de ça, ce n’est pas ma tasse de thé et ça ne m’atteint pas. Je ne parle pas de qualité, mais du genre. Pour vibrer – littérairement parlant s’entend -, il me faut du décalé, de l’ailleurs (dans le temps et/ou l’espace).

♦ Et le format audio, alors? Première fois que je teste le livre audio et je dois dire que c’était bien narré, l’aspect épistolaire était bien mis en valeur par deux comédiens, un homme et une femme, leurs voix étaient agréables. C’était abrégé mais ça ne m’a pas dérangée, le récit se suivait et se comprenait très bien. Format sympa pour la radio, pour se faire une idée d’un livre pour en suite le livre intégralement ou pas.

Ca m’a fait penser à un autre succès de librairie : Le mec de la tombe d’à côté de Katarina MAZETTI. Pour le côté rencontre improbable et aussi « je refuse d’écrire un livre mélo/sentimental » mais ça l’est quand même au final. Regardez un peu la bande annonce (très dans l’air du temps également) :

Je le conseille à: un large public, pour une lecture sympathique d’été ou de week-end. Une lecture sans difficultés, quelques heures de détente et de divertissement.

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Katarina MAZETTI – Le mec de la tombe d’à côté

Gaïa Editions (2006) – 254 pp. / Existe en version poche chez Babel (2009)

Titre original : Grabben i graven bredvid (1998)

Pour résumer: Désirée vient de perdre son mari, et se rend au cimetière où il est enterré. Benny a perdu sa mère, et vient fleurir le tombeau familial qui est situé juste à côté de celle du mari de Désirée. Ils s’observent : une femme plutôt cérébrale, réservée, proprette limite froide d’un côté et le paysan, le blaireau qui sent l’étable et qui a de la terre sous les ongles, de l’autre. Improbable autant qu’incompréhensible, ce roman est l’histoire d’une passion mouvementée et d’un choc culturel réciproque.

Comment je l’ai eu entre les mains : c’est un grand succès de librairie et j’ai profité de la pause estivale pour rattraper mon retard. J’ai du attendre des semaines après l’avoir réservé à la bibliothèque, on se l’arrache.

Impressions de lecture : ça se lit facilement et rapidement, l’écriture est fluide, humour pince-sans-rire, cocasse, ça passe bien dans l’ensemble. La narration alternée laisse la parole aux deux protagonistes, les chapitres courts rendent la lecture assez dynamique. Ca a été un agréable moment de lecture détente, mais ça s’arrête là:

Le thème du choc des cultures, du mode de vie urbain VS rural, ça frisait la caricature et la facilité pour le personnage de Benny le Blaireau. Et surtout :

(SPOILER) : la fin est digne d’un téléfilm pour les ménagères qu’on regarde un après-midi uniquement si on est cloué/e au lit avec une grippe atroce et le cerveau ramolli par les médicaments. Ca se veut drôle mais c’est un poil conservateur dans le fonds (à mon goût du moins): cette horloge biologique, ce désir d’enfant et de foyer, cette réconciliation in extremis, ce n’est rien moins qu’une happy end sirupeuse qui essaye de ne pas l’être. J’aurais préféré un truc qui ait plus de gueule, plus cynique.

Ca m’a fait penser à: une version écrite de l’émission L’Amour est dans le pré. Pour l’univers agricole, le choc des cultures, le conte de fée parmi les bouses de vache, etc.

Je le recommande : à un large public voulant quelques heures de lecture sympathiques, gentillettes.