Alexis WRIGHT – Carpentaria

Alexis WRIGHT : Carpentaria (2006)

Traduction française : Carpentarie (Actes Sud – 2009)

Pour situer un peu : Carpentaria, c’est le nom du golfe situé au nord de l’Australie,  entre les deux « pointes » de terre (la Terre d’Arnhem et le Cape York – voir la carte sur la couverture). Le temps y est humide, chaud, et marqué par le « monsoon », une forte mousson qui dure la moitié de l’année. La culture aborigène y est encore très présente, notamment par la peinture.

The story : Il n’y a pas d’intrigue à proprement parler. C’est un portrait, une ode complexe à ce pays continent, et plus particulièrement à la petite ville côtière (fictive…?) de Desperance, située dans le golfe de Carpentaria. C’est aussi le portrait de Norm Phantom, homme de la mer, et de sa famille, tiraillée par les croyances ancestrales et le christianisme importé par les colons européens, l’activité de la pêche et la mine, le travail des blancs. La pauvreté des communautés aborigènes, l’incompréhension mutuelle avec les blancs de la ville, la mer, le bush, le feu, les conflits, tout y est grand, intense.

Comment je l’ai découvert : ce roman figurait dans la sélection « Australie » de la librairie anglaise Daunt Books (http://www.dauntbooks.co.uk/), qui classe ses ouvrages par pays. Librairie vue chez l’Ogresse (voir mes favoris).  

Impressions de lecture :  une lecture difficile, qui demande de l’effort, longue dans le sens lente. Le roman est gros (500 pages) et la narration est complexe. Nombreux flashbacks sans datation précise, des expressions aborigènes non traduites, des passages mêlant les songes à la réalité, bref : il faut rester super concentré! Mais je ne regrette pas.

 J’ai été TRANSPORTEE en Australie. L’Australie méconnue, le bush, le sol rouge, loin des villes bétonnées, des plages bondées, des avions, de la télé cablée. L’Australie du temps du rêve. Des passages sont d’une poésie folle, inoubliables. Les personnages ont une identité qui leur est propre, autant de facettes de ce pays dont l’histoire est loin d’avoir commencé avec Cook.   

– Petit bémol : l’aspect politique, surtout dans l’ouverture du roman. Ce n’est pas du tout ce que je recherche en lisant de la fiction. Que je partage ou pas les idées n’est pas la question, c’est le principe. En même temps, la thématique des peuples aborigènes est une question encore très politique en Australie, c’est toujours sensible et en débat, c’était dur de passer à côté dans ce roman, je m’y attendais.

Je le recommande : aux amoureux fous d’Australie, et aux amateurs de textes foisonnant, riches. Je l’ai lu en VO car je voulais vraiment goûter au texte et au pays décrit, mais je me suis honnêtement arraché les cheveux (je lis pourtant couramment l’anglais depuis plusieurs années) et vous conseille donc la traduction française, qui rendrait le texte beaucoup plus abordable.

Ce roman a obtenu le Miles Franklin Literary Award (prestigieux prix littéraire australien) en 2007.

Lu dans le cadre du challenge Destination Australie, organisé ici : http://breakfastatlucie.canalblog.com/archives/2010/03/17/17269707.html

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