Tom ROBBINS – Une bien étrange attraction

Gallmeister (Juin 2010) – 392 pp.

Titre original : Another roadside attraction (1971)

Pour résumer : Années 60, USA. Amanda, jeune femme plaisante à regarder et facilement sujette à des transes de voyance, épouse le magicien et ex-musicien John Paul Ziller. Décidés à vivre comme bon ils leur semble, ils retapent un resto de route et le transforment en zoo et en stand de hot-dogs artisanaux, dans l’espoir qu’ils deviennent les meilleures du pays, voire du monde. Un baboin, un échappé de prison, un ancien joueur de football/dealer, un indien, leurs rencontres sont aussi barjos qu’eux.

Comment il est parvenu entre mes mains: lu dans le cadre de l’opération Masse Critique organisée par Babelio, et les Editions Gallmeister (si vous aimez la littérature américaine et que vous ne connaissez pas encore Gallmeister, courrez explorer leur catalogue!). Choisi car je connaissais déjà le bonhomme, découvert cette année avec la réedition de Même les cow-girls ont du vague à l’âme, qui est l’un de mes coups de coeur 2010.

Impressions de lecture : j’ai aimé retrouver le style débordant de métaphores brillantes et détonnantes. Sa capacité à peindre son personnage féminin avec admiration, sensualité et n’ayons pas peur des mots : virtuosité. Que ce soit Sissy dans Même les cow-girls ont du vague à l’âme, et ici Amanda, elles sont excentriques, attachantes, extravagantes, des héroïnes barjos, fantasques.  Une des grandes réussites de la recette Tom Robbins.

(ça ne l’emporte pas sur le positif), mais…  :

♦ Certaines longueurs peuvent faire perdre pied, et nuisent au brio du style. Attention à la lassitude provoquée par des digressions qui n’apportent rien au récit.

Je le recommande: aux lecteurs convaincus de Tom Robbins. Je conseille plutôt Même les cow-girls ont du vague à l’âme pour le découvrir. Sans modération pour les amateurs de styles déjantés, d’univers déglingos sixties.

Pour donner un avant-goût: une petite vidéo de l’éditeur, représentative de son univers : ici.

Merci à Babelio et Gallmeister pour ce partenariat!

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Tom ROBBINS – Même les cow-girls ont du vague à l’âme

Tom ROBBINS : Même les cow-girls ont du vague à l’âme

(Avril 2010 – Gallmeister, collection Totem; réedition, première parution française : 1978)

Titre original : Even cow-girls get the blues (1976)

En gros : « C’est un roc !…. c’est un pic ! c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? C’est une péninsule ! » Si Cyrano de Bergerac avait un nez à faire rhabiller de honte Pinocchio, Sissy Hankshaw a les deux plus gros pouces de l’univers. Il n’y a pas grand chose à faire dans sa Virginie natale, alors affublée de cette infirmité digitale, elle fait du stop, voyage, ne tient plus en place. Elle rencontre des tas de gens tout aussi marginaux qu’elle, s’arrête un temps, puis repart. La Comtesse, magnat de l’hygiène féminine. Les cow-girls du Ranch de la Rose de Caoutchouc, la magnifique Bonanza Jellybean. Le Chinetoque qui rigole, un psychiatre idéaliste, et j’en passe.

Comment je l’ai découvert : En rengeant les nouveautés en litté étrangère… j’ai un boulot super sympa, y a pas à dire. Je suis repartie avec le premier exemplaire reçu du coup. J’ai adoré le côté loufoque du résumé, je me suis dit que j’allais passer un super moment de lecture.  

Impressions de lecture : OH DEAR, I FUCKING LOVED IT! Ca, c’est dit.

Le style. On aime ou on aime pas, mais il ne nous laisse pas sur le côté de la route. Un sens fou furieux de la métaphore qui laisse la lectrice que je suis admirative, des comparaisons venues d’on ne sait où, décalées et brillantes. Un exemple parmi tant d’autres :

« […] ces pouces [étaient] le seul défaut d’une silhouette exquise par ailleurs pleine de grâce. C’était comme si Léonard avait laissé pendouiller un spaghetti du coin de la bouche de la Joconde. » p.24

Une galerie de personnages plus étonnants les uns que les autres, des scènes pas piquées des hanetons, bref jubilatoire.  

Je le recommande : aux amateurs de textes barrés, fantaisistes, hilarants et intelligents à la fois. Si vous voulez une bonne poilade, une bouffé d’oxygène, et si en plus vous êtes fan de routes américaines et de cow-girls, c’est pile ce qu’il vous faut. Fleurs bleues, coincé(e)s et conservateurs s’abstenir.

♦ Pour poursuivre : ce roman a été adapté au cinéma en 1993 par Gus Van Sant, avec Uma Thurman dans le rôle de Sissy Hankshaw. Je serais curieuse de voir le résultat!