Julia STRACHEY – Cheerful weather for the wedding

Persephone Books n° 38 – 119 pp.

Première publication : The Hogarth Press (maison d’édition tenue par Virginia Woolf et son mari) en 1932

Traduction française : Drôle de temps pour un mariage

Pour résumer : Mrs Thatcham est sur le point de marier sa fille ainée, Dolly, qui s’est fiancée un mois seulement auparavant. Le matin du mariage, il fait un temps idéal pour un mariage, ce qui pourrait être un bon présage… Les servantes s’affairent, les invités arrivent, la famille s’impatiente. Dolly se prépare, range quelques affaires, s’isole avant de débuter sa nouvelle vie : son futur mari et elle doivent partir le jour même pour l’Amérique du Sud. La cérémonie est imminente, mais elle est toujours dans sa chambre…

Pourquoi ce livre? : parce que Julia Strachey était une amie de Virginia Woolf, que cette novella a été initiallement publiée par le couple Woolf, ce qui en dit beaucoup sur le potentiel littéraire du livre en question. Petite pause hétéroclite dans la trilogie Millénium parce que lire en anglais me manquait.

Impressions de lecture : l’intérêt de ce très court roman est le point de vue narratif décalé sur cette journée de mariage. Le titre original peut donner une impression positive, genre : « oh mais quelle belle journée pour un mariage parfait ils seront heureux jusqu’à la fin des temps et auront plein d’enfants » mais ce n’est pas du tout la façon dont les évènements vont se dérouler. (Le paragraphe suivant peut largement gâcher le plaisir de la découverte… je vous aurais prévenus).

La mariée est souvent absente, le mari à peine mentionné, inexistant et transparent, la cérémonie est passée sous silence. Les invités et autres satellites autour du mariage sont omniprésents, le mariage est ici représenté comme une cérémonie et un rituel social. Nulle question de sentimentalité, de récit contemplatif amoureux, ce n’est pas du tout le propos du roman. On sent qu’elle n’est pas convaincue, mais elle plonge quand même. Au lieu du jour le plus heureux d’une vie, on dirait que c’est le jour le plus triste, râté, le summum du gâchis.

Je le recommande: aux amateurs/trices de littérature anglaise du début vingtième, aux lecteurs/trices de Virginia Woolf qui voudraient découvrir son entourage littéraire et son travail d’éditrice. Si vous aimez les ambiances so british, les satires sociales amenées avec subtilité.

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