Shan SA – La joueuse de go

France Loisirs (2002) – 218 pp.

Publication originale en 2001 chez Grasset

Pour résumer: ( Extrait de la quatrième de couv’ de l’édition brochée).

1937. Alors que la Mandchourie est occupée par l’armée japonaise, une lycéenne de seize ans semble ignorer tranquilement la guerre, les cruautés, les privations. Mélancolique, seule, l’adolescente joue au go. D’où tient-elle cette maîtrise ? Place des Mille Vents, la lycéenne s’amuse à mentir. Ses mains déplacent les pions sans jamais se tromper, les joueurs s’assoient en face d’elle à une table gravée en damier et la défient. Le go est une esquive.

Comment il est parvenu entre mes mains: j’aime fouiner dans les bouquineries et l’avait trouvé d’occasion chez Emaüs. Je voulais le lire pour me faire une idée de ce grand succès de librairie d’il y a quelques années. Le challenge « Littérature au féminin » a été l’occasion de le ressortir de ma bibliothèque.

Impressions de lecture: très moyennes.

♦ La forme. La narration alternée des deux protagonistes (la joueuse de go et l’adversaire, un militaire japonais) est trop fragmentée et ne m’a pas laissé assez de temps pour me plonger dans leurs univers respectifs : les chapitres font deux pages en moyenne, c’est trop court et ça m’a gênée. Et aussi ce tic d’écriture qui m’insupporte : des formulations grandiloquentes, des « grands mots » à n’en plus pouvoir, à savoir par exemple vie/mort/amour/âme/liberté, pfffffiou!

♦ Le contenu. Je me suis sentie très distante vis à vis des personnages; aucun ne m’a intéressée. Un contexte de guerre me rebutte toujours, et ça n’a pas fait exception. Sans parler d’une représentation de la femme dominée par les hommes : objet qu’on jette une fois le plaisir de la conquête obtenu, on en dispose comme on veut, et pire: de la soumission volontaire, enfin bref not my cup of tea.

Je le recommande : si je n’ai pas été personnellement emballée par cette lecture, ce roman a eu un grand succès et a été très apprécié. La lecture est une question de sensibilité et d’affinités littéraires, ce ne sont pas les miennes mais ça pourrait très bien être les vôtres.

Ce roman a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens en 2001

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