Alan HOLLINGHURST – La ligne de beauté

Titre original : The line of beauty (2004)

Pour résumer : (4ème de couv’) Nick Guest, fils d’un petit antiquaire de province et brillant boursier d’Oxford, s’installe à Londres pour mener à bien sa thèse de littérature. Il loue une chambre dans l’hôtel particulier des parents de son ami Toby Fedden, et entre dans l’intimité de la famille : Gerald, le père, un ambitieux député tory, Rachel, la mère, sœur d’un baron fortuné, et Catherine, leur fille maniaco-dépressive. Nick devient le spectateur fasciné d’une société où les héritiers des grandes familles, les ladies désœuvrées et les conservateurs règnent en maîtres.

Comment il est arrivé entre mes mains: lu en partenariat avec BOB et le Livre de Poche. Choisi pour la quatrième de couv’ et la mention du Man Booker Prize.

Impressions de lecture: J’ai été partagée entre l’académisme de la narration (structure linéaire, descriptions lentes et style parfois ampoulé) et mon intérêt pour le roman d’initiation. Le personnage principal, Nick, est un témoin privilégié de l’hypocrisie, des rites, de l’élite londonienne. Cet aspect sociologique est intéressant. De même l’évocation de son homosexualité, ses joies et ses peurs, viennent pondérer l’académisme par des parenthèses modernes, vivantes.

Mais pas suffisamment : l’ambiance mondaine, le cadre, les dialogues (bien écrits et jouant sur les non-dits) m’ont malheureusement parus très datés. Le roman ne fait aucun effort pour aller vers le lecteur ; cette exigence oblige le lecteur à s’élever, à se creuser la tête, et j’aime cette ambition de principe, mais jusqu’à un certain point. J’attendais beaucoup du fonds, mais la forme m’a fait décrocher au bout d’un tiers du pavé. On sent un fort héritage littéraire anglais, Henry James en particulier, et j’ai trouvé cette lenteur inadaptée au monde contemporain. Dommage.

Merci néanmoins à BOB et au Livre de Poche pour ce partenariat!

Ce roman a obtenu le Man Booker Prize en 2004.

Publicités