Richard FLANAGAN – La fureur et l’ennui

Belfond (2008) – 344 pp. / Existe en poche chez 10-18 (Avril 2010)

Titre original : The Unknown Terrorist (2006)

Pour résumer: La Poupée vit dans la fureur de Sydney : les clubs de strip tease où elle est pole dancer, la techno entêtante, l’argent facile, les marques de luxe, les taxis qui s’arrêtent là où elle passe. Mais ce n’est pas la vie à laquelle elle aspire, elle économise billet par billet pour s’acheter un appartement, reprendre des études à la fac, avoir une existence respectable digne du Lucky Country (pays chanceux, surnom de l’Australie). Un soir de carnaval, elle rencontre Tariq, passe la nuit avec lui, et sa vie bascule. Les écrans de la ville, du pays, du monde, sont braqués sur elle, la terroriste inconnue en cavale.

Comment il est parvenu entre mes mains: emprunté à la bibliothèque suite à une recommandation d’une ancienne collègue férue de culture australienne et une amie l’avait également lu. J’avais envie de découvrir cet auteur depuis un certain temps.

Impressions de lecture: je l’ai lu assez rapidement, ce qui est plutôt bon signe, mais l’ai trouvé inégal. Le titre français ne rend pas du tout justice au sujet du roman, cette descente aux enfers du personnage principal, attention aux attentes de lecture faussées (pourquoi certains traducteurs se croient obligés de changer le titre!).

Le suspense. La cavale de la Poupée dans Sydney est haletante, on la suit, on sent sa panique, sa course folle et le temps qui est compté. La construction en crescendo est réussie.

♦ Ce fonds de terrorisme post 2001, d’islamophobie, de paranoïa généralisée et ces réflexions sur la corruption des médias, la désinformation et récupération politique, c’est parfois étouffant et ça m’a gênée. Qu’en pense réellement l’auteur? Théorie du complot, démagogie, fiction?

♦ Roman inégal du point de vue du style: et vas-y que je te balance des noms de marque, et des passages de pathos ultra mauvais… mais cet auteur a retenu mon attention néanmoins, deux de ses romans me tentent et me font saliver d’avance, je retenterai.  

Je le recommande: aux amateurs de suspense et de romans noirs, le suspense est maintenu. Egalement pour les curieux d’Australie qui veulent du changement, ici pas de plages ni de surfeurs, cette île géante n’est pas épargnée des peurs occidentales. A intercaler entre deux lectures plus légères car roman parfois cru et plombant.

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