The Hours – Stephen Daldry

J’avais travaillé sur ce film à l’occasion d’un dossier universitaire: j’avais choisi le thème du personnage de l’écrivain au cinéma, et The Hours formait une base de réflexion intéressante sur le sujet. Je l’ai visionné, décortiqué, assassiné et un peu aimé, quand même. 

Inspiré par le roman du même nom (sauf qu’il n’a pas inventé ce titre mais repris le titre de travail de Mrs Dalloway…) par Michael Cunningham, publié en 1999. Il avait reçu le prix Pulitzer et le PEN/Faulkner Award, rien que ça. Le film est sorti en 2002.  

J’ai malheureusement/heureusement (?) des réactions très passionnées et épidermiques dès que je vois l’oeuvre de Virginia Woolf commentée, reprise, évoquée, etc. Je pourrais parler d’elle jusqu’à ce que je n’ai plus de salive. Ce film ne pouvait pas me laisser indifférente; il m’a fait bouillir. Je ne sais pas si je lirai le roman un jour.

– Pour résumer : Trois femmes, trois époques, trois vies, autour d’un roman : Mrs Dalloway. Une lectrice des années 50, dans le Los Angeles d’après guerre, qui fleurte avec l’idée de suicide. Une éditrice new-yorkaise contemporaine, Clarissa moderne, et Virginia Woolf, durant l’écriture de ce roman. Leurs histoires se mêlent, se répondent, font écho à l’oeuvre, mise en abyme et évoquée en filigrane tout au long du film, jusqu’à la fin où leurs histoires vont se percuter et se rencontrer.  

♣ Arf… Ce qui m’a plu d’abord. La mise en abyme du roman, ses évocations, la Clarissa moderne. Les fleurs du début, l’écritoire sur les genoux et la plume qui gratte sur le papier. 

Ce qui m’a franchement déplu : la représentation souvent stéréotypée de Virginia Woolf, en folle dingue, les yeux à l’ouest, qui parle toute seule et qui finit par se noyer dans une rivière. Ce n’est pas l’intellectuelle brillante, drôle, pleine de vie, que j’aime éperdumment, celle de Orlando, de A room of one’s own. L’ouverture du film m’a paru impardonnable. Choquant, réducteur.

Les bonus. Spécialement le documentaire sur Virginia Woolf. Bon évidemment il y a des tartines sur sa vie, sa maladie, sa mort, etc. qui m’ont gonflée car encore une fois on relègue ses oeuvres au second plan, mais rien que pour entendre sa nièce Angelica et le fils de Vita Sackville-West, qui l’ont connue, ça vaut largement le coup. Et de voir l’endroit dans lequel elle a écrit.

→ A voir si vous aimez les drames, et/ou pour un premier contact avec Virginia Woolf, en attendant ou en complément d’une lecture.

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Revu et chroniqué pour le Challenge Virginia Woolf organisé chez Lou. Pour voir les billets des participants et/ou rejoindre le challenge, il suffit de cliquer sur la photo (maintenant que j’ai trouvé comment on faisait – ça va, on ne se moque pas! – ) :

Published in: on 20 juin 2010 at 19 h 21 min  Comments (17)  
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