Chris CLEAVE – Et les hommes sont venus

Nil Editions (Février 2010) – 345 pp.

Titre original : The other hand (2008)/USA : Little Bee

En gros : Petite Abeille, jeune réfugiée nigériane, vient frapper à la porte de Sarah, journaliste londonienne. Elles se connaissent. Deux ans auparavant, alors que Sarah et son mari Andrew étaient en vacances pour essayer de recoller les morceaux de leur couple, Petite Abeille et sa soeur Nkiruka essayaient d’échapper aux hommes qui ont saccagé leur village. Leurs chemins se sont croisés, puis se croisent à nouveau;   de décalages culturels en bribes du passé, leurs souvenirs s’alternent et se confrontent.  

Comment je l’ai eu entre les mains : lu dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio. J’avais adoré une publication de chez NIL Editions (L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet de Reif LARSEN) et j’étais curieuse de lire un autre roman de chez eux.

Impressions de lecture : oulala…

♣ Ca serait malhonnête que ne pas lui reconnaître certaines qualités, comme par exemple la révélation d’informations au compte-goutte au fil du roman, la construction en puzzle. Le développement du thème de la culpabilité. Mais, mais, mais… je n’ai pas accroché, du tout. Ce n’est pas faute de l’auteur qui multiplie les procédés pour retenir l’attention du lecteur (Petite Abeille qui s’adresse à nous, dialogues vivants, en phonétique pour retranscrire les accents, etc.).

♦ Deux élements en particulier m’ont gênée. 1 Le PATHOS. L’auteur insiste lourdement sur le côté tragique, traumatique, de certaines scènes. Comme quoi la rétention dans le centre de réfugiés était horrible, par exemple. Certaines descriptions sont larmoyantes, des tartines de bons sentiments, ça chiale beaucoup, on se croirait dans un téléfilm diffusé un jour férié.

2 La représentation manichéenne des genres. Sarah travaille dans un magasine féminin où la rubrique chaussure rivalise avec la rubrique crèmes anti-rides, et lui, Andrew, l’homme intelligent, sérieux, au Times. La femme superficielle, trentenaire, qui se pose des questions « existentielles » sur son couple, et l’homme aux éditoriaux politico-économiques brillants. Clichés et re clichés. Sarah est cruchasse à souhait, « Oh Andrew! », « Oh Charlie! » (leur fils). Et au delà du couple, c’est : Hommes = violents, lâches; femmes = courageuses, solidaires. J’exagère à peine en disant que c’était les méchants et les gentilles. Et les nuances, on en fait quoi? C’est en option, visiblement.

Je le recommande : à mesdames les lectrices de magazines féminins et à vos amies les ménagères de moins de cinquante ans. Psychologie de comptoir inclus dans le prix.

Je remercie Babelio et NIL Editions pour ce partenariat, qui à défaut de m’avoir plu, ne m’a pas laissée indifférente, et c’est ce que je recherche aussi parfois, en lecture.

D’autres avis ici :

Prochains partenariats : Et les hommes sont venus & Zuleika Dobson

Je suis ravie d’avoir été retenue pour ces deux prochains partenariats. D’ors et déjà MERCI aux équipes des sites et aux éditeurs mentionnés.

* Première participation à Masse Critique de Babelio avec :

Et les hommes sont venus, de Chris CLEAVE – Nil Editions  (Février 2010)

* Et un partenariat surprise avec BOB, une petite perle qui s’annonce :

Zuleika Dobson, de Max BEERBOHM – Monsieur Toussaint Louverture (Mai 2010 – il s’agit d’une réedition, traduction révisée et illustrée, le roman date de 1911)

***

A bientôt pour les billets!

Rief LARSEN – L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet

Rief LARSEN : L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet (2010)

Titre original: The Selected Works of T.S Spivet (2009)

En gros : T.S (Tecumseh Sansonnet – quel nom!) Spivet est un jeune garçon de 12 ans, à l’imagination débordante et au talent fou : son obsession est de TOUT cartographier, de tout immortaliser dans ses carnets de croquis. Il vit dans un ranch du Montana, et rêve d’être un scientifique reconnu pour la méticulosité de ses travaux. Très précoce intellectuellement, ses émotions restent néanmoins celles d’un enfant découvrant le monde avec un regard émerveillé et malicieux. Un coup de fil d’un célèbre musée va changer sa vie. Il s’embarque seul dans une aventure hors du commun, traverse les Etats-Unis, mais le voyage en lui-même se révèle être plus intéressant que la destination.

Comment je l’ai découvert : ce titre était proposé en partenariat sur BOB (voir mes liens favoris). C’est le premier partenariat auquel je participe.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas en quoi ça consiste : un éditeur envoie des exemplaires d’une nouveauté, BOB les attribue à des bloggeurs, on le reçoit (gracieusement) et les bloggeurs doivent en contrepartie écrire un billet dans le mois suivant la réception. Je précise, chose importante à laquelle je suis très attachée: le contenu du billet est LIBRE. On peut aimer, détester, la seule obligation est d’en parler. Mais quitte à participer à un partenariat, autant sélectionner avec soin le livre qu’on reçoit. Ca évite une déception et une perte de temps. Instinctivement, je savais que j’avais une grosse chance de passer un bon moment.  Ca a été le cas.

Je remercie chaleureusement  et Nil Editions. Pour voir ce qu’en dit l’éditeur, c’est par ici que ça se passe: http://www.laffont.fr/livre.asp?code=978-2-84111-409-2 

Le souvenir que ça me laisse : un moment de lecture très agréable.

L’objet livre est original, c’est ce qui frappe en premier.  Il est richement illustré, annoté, c’est une merveille rien que de le regarder. Je me suis plongée toute entière dans l’aventure, le personnage de T.S Spivet est très attachant, il a une personnalité bien affirmée et j’ai aimé le suivre, lire ses annotations malicieuses dans les marges. Le style est drôle, poétique, imagé.

Le récit est foisonnant. A travers l’histoire de T.S, c’est l’histoire d’une famille américaine sur plusieurs générations qui se dessine, mêlant des scientifiques et des cow-boys, des non-dits et des vies parallèles, c’est aussi l’histoire de la Science, de la connaissance humaine, une quête de sens. C’est divertissant tout en poussant à la réflexion.

♦ Je ne serais pas surprise de le voir porté un jour à l’écran. Pour un premier roman, c’est un début fracassant.

Je le recommande: aux âmes d’enfants restées dans des corps d’adultes, aux amateurs de voyages extraordinaires et de romans initiatiques, et si en plus vous êtes sensible aux beaux livres,  vous allez adorer. 

Juste pour faire ma chiante: la fin m’a chiffonnée. Je m’attendais à autre chose, et surtout je suis restée sur ma faim.

Partenariat Nil Editions – L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet + quelques réflexions sur le livre à l’ère numérique

Ah là là.

Quand j’ai vu cet après-midi sur  que j’allais participer au partenariat avec Nil Editions et que j’allais recevoir L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet, par Rief LARSEN, je me suis dit : ça c’est une bonne journée. J’ai été immédiatement attirée par ce titre dans la liste des livres proposés, c’était celui là et pas un autre. C’est comme ça avec moi. Pour confirmer mon instinct, j’ai farfouillé sur le net. Les critiques (journalistes & lecteurs) étaient mitigées, comme souvent, mais quand j’ai lu que le roman était illustré, avec des notes dans les marges, etc. mon cerveau a fait tilt.

Le titre à rallonge, ça m’a fait rêver. La couverture, encore plus. Et… le comble: le site Internet consacré au roman.

http://www.tsspivet.com/

Ce qui m’a fait réfléchir sur le livre à l’ère numérique. Je trouve ça EXTRAORDINAIRE qu’un roman ait son propre site Internet. Je ne suis pas culcul-la-praline-idéaliste-indécrottable: je sais très bien que ça fait partie d’un plan de communication marketing et le lien pour acheter le bouquin est bien en évidence. Il n’empêche que ça met dans l’ambiance, ça donne envie, enfin en ce qui me concerne. La petite manivelle pour ouvrir la boîte avec le menu du site, c’est irrésistible!

J’entends encore dire que le livre n’a pas d’avenir, que je suis tarée de vouloir travailler dans ce secteur. A ce genre de commentaire, je réponds que je suis passionnée, nuance. « Oui mais les jeunes ne lisent plus, les librairies vont fermer, les bibliothèques sont désafectées, tout ça à cause d’Internet! » et j’en passe. Quoi Internet?! On lit, on achète, on emprunte, on prète, on swap, on commente, on aime, on déteste, mais on lit. La lecture, le marché du livre a évolué, et les modes de consommation avec. Mais on lit toujours.

La lecture n’est pas un loisir pour asocial/e (pas de discriminations), on est plus tout/e seul/e dans son coin avec un bouquin sur les genoux.

On est en 2010 et un roman a son propre site Internet. Intéractif, à l’image du livre à l’ère numérique.

Published in: on 30 mars 2010 at 17 h 59 min  Comments (9)  
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