Sur le marketing du livre et le book trailer

On voit fleurir depuis quelques années des « book trailer » qu’on pourrait traduire par « bande annonce d’un livre ». Des publicités vidéos inspirées de la bande annonce promouvant un film, histoire d’avoir un outil marketing de masse. Cette pratique ne s’est (heureusement?) pas généralisée à tous les titres qui sortent, seulement ceux qui ont déjà un potentiel commercial.

♦ Si au départ c’était très américain ou plus largement anglophone, on commence à en voir des francophones. Je voulais comparer deux exemples tirés de mes deux dernières lectures, publiées au sein de la même maison d’édition américaine Knopf (vidéos en anglais).

♦ Mode marketing pour le dernier roman d’Anne RICE : Angel Time (L’heure de l’ange).

♦ Mode sobriété pour le premier roman de Tania JAMES : Atlas of Unkowns (L’atlas des inconnus).

Visible sur le site de l’auteur : ici.

♦ Il y a donc de tout, dans les book trailers, comme il y a de tout dans une librairie, pour tous les publics.

→ Mais ma curiosité reste intacte : le but de cette démarche est de donner envie de lire le bouquin en question, et de l’acheter. Est-ce que ça marche vraiment? Est-ce que l’attention du lecteur/client potentiel est vraiment attirée par un book trailer? Cette espèce de quatrième de couv’ en vidéo ne dessert-elle pas au contraire? Concrètement : avez-vous déjà craqué pour un livre avec un book-trailer? Personnellement non…

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Tania JAMES – L’atlas des inconnus

Stock, coll. La Cosmopolite (Août 2010) – 494 pp.

Titre original : Atlas of Unknowns (2009)

Pour résumer : Années 1990, Inde. Deux soeurs grandissent avec leur père et leur grand-mère. Linno, l’aînée, présente des qualités artistiques : ses dessins forcent l’admiration; la cadette, Anju, débute brillamment sa scolarité. Après l’accident qui a rendu leur famille bancale et emporté leur mère, une deuxième perte va bouleverser leurs vies. Linno se brûle la main lors d’un feu d’artifice, on doit la lui couper. Elle arrête l’école, dessine à temps plein. Anju entend parler d’un programme d’échange pour étudier 1 an aux USA, rêve d’une vie meilleure, ailleurs. Elle n’a aucun talent particulier, et pour partir, va trahir sa soeur.

Comment il est arrivé entre mes mains : lu dans le cadre d’un partenariat spécial Festival America de Vincennes organisé avec BOB et les Editions Stock. Après deux partenariats plus que râtés et mal choisis de ma part, celui-ci m’a tapé dans l’oeil et mon instinct s’est réveillé : c’est une belle découverte!

Impressions: première lecture de cette rentrée littéraire, ça commence fort.

J’ai globalement aimé. Les thèmes m’ont intéressée : le décalage culturel entre l’Occident et l’Orient, la barrière de la langue, la rencontre de classes sociales, la quête d’indépendance (ses joies, illusions & échecs), le rêve américain, la filiation féminine (mère, soeur), l’amitié féminine. J’étais en Inde, puis à New York, je sentais l’odeur des plats et voyais l’intensité des couleurs des saris. Belle puissance d’évocation.

L’écriture est accessible, fluide et montre un effort littéraire. Beaucoup de pudeur et d’espièglerie.

♦ La fin m’a un tantinent déçue, trop convenue. Et à force de jouer sur les non-dits, à force de rester dans le flou sur certaines questions, le lecteur peut perdre pied. Le titre, par exemple, n’est pas évoqué ni expliqué, dommage.

Je le recommande: si vous recherchez une lecture dans laquelle on fond comme dans un bain. Une lecture prenante, avec laquelle on prend plaisir à retrouver, le soir avant de s’endormir, le matin avant d’attaquer la journée et un petit moment volé dans le bus. 

Un autre avis, celui d’Emily.

Un grand merci à BOB et aux Editions Stock, La Cosmopolite ne vole pas sa réputation…